(en cours de publication)
SO-9000 TRIDENT
Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Sud-Ouest
Voici un avion qui m'a ''fasciné'' quand j'étais gamin - et aujourd'hui encore, je le trouve fascinant. A chacune des visites au Musée de l'Air et de l'Espace, il FAUT que j'aille le voir !
Et depuis tout petit, je mettais de côté tout ce que je pouvais trouver sur le Trident.
Je me suis dit qu'il était temps que je fasse une petite et modeste monographie, non exhaustive, de cet appareil mythique au travers de quelques objets de collection (vous commencez à en avoir l'habitude 😊).
Le
SO.9000 Trident est d’abord un avion prototype français développé par la
SNCASO. Son concepteur était Lucien Servanty, chef de l'atelier de Courbevoie
de la SNCASO.
La SNCASO est fondée le 16 novembre 1936 après les Nationalisations de 1936. Son siège est alors au 15 quai Paul Doumer à Courbevoie - ville de mon enfance.
Parmi les administrateurs, il y avait Marcel Bloch, alors patron des usines Marcel Bloch elles aussi à Courbevoie - l'état envisage d'ailleurs sérieusement d'exproprier Marcel Bloch pour que les usines soient laissées à la SNCASO.
Peu de temps après, son siège est transféré à Paris.
En 1937, la SNCA absorbe les usines Blériot de Suresnes.
Après
la guerre, les usines SNCASO de Courbevoie deviennent le plus important bureau
d’études et d’essais aéronautiques de France.
En
1957 la SNCASO est intégrée à Sud-Aviation qui est en 1970 à la SNIAS puis
Aérospatiale en 1984.
SO.9000 Trident I
À
la demande de l'Armée de l'Air qui s'intéressait à un intercepteur
supersonique, la SNCASO étudie en 1951 le concept d'un avion dont le propulseur
principal était un moteur fusée, associé à un (ou des) réacteurs auxiliaires,
servant surtout pour le décollage afin d'économiser le carburant du moteur
fusée.
Pour
atteindre de très hautes vitesses, le statoréacteur était également envisagé
mais le financement de l'étude de ce type de motorisation allait aux prototypes
Leduc.
Deux
prototypes furent commandés.
Compte
tenu des contraintes liées au domaine de vol demandé, l'avion retenu était un
monoplace, la forme de voilure retenue étant une aile droite de faible
envergure et à profil extrêmement mince, de plan pratiquement carré.
Pour
obtenir la poussée suffisante, il fallait juxtaposer plusieurs chambres de
combustion, pouvant être allumées séparément ou toutes ensemble.
Afin
d'éviter toute dissymétrie dans la poussée, ce groupe propulsif devait être
situé dans l'axe, donc dans le fuselage.
La majeure partie de celui-ci était
occupée par des réservoirs de kérosène pour les réacteurs ou de propergols pour
les moteurs-fusées.
Comme il n'y avait pas de place pour eux, les réacteurs
furent placés en bouts d'aile.
Leurs fuseaux jouent le rôle de cloisons
marginales, améliorant le rendement aérodynamique. Les réacteurs choisis
étaient des Turbomeca Marboré II de 400 kgp chacun - kgp veut dire kilogramme-poids, ancienne unité de force remplacée aujourd'hui par le Newton (N).
L'empennage
était de forme classique, mais composé de trois surfaces monoblocs entièrement
mobiles, une verticale et deux horizontales, actionnées par des vérins
hydrauliques.
Les surfaces horizontales étaient à l'origine dotées d'un fort
dièdre négatif, pour assurer simultanément le pilotage en tangage (profondeur)
et en roulis (gauchissement).
Par la suite, ce dièdre fut réduit pour permettre
un cabrage de l'appareil plus accentué au décollage.
Le
train d'atterrissage était de configuration tricycle : deux roues principales
s'escamotant dans le fuselage, une roulette avant.
Il était à la fois à voie
étroite et avec des jambes très courtes, offrant une faible garde au sol.
La
cabine de pilotage, située tout à l'avant, du fuselage, était largable comme
sur les prototypes Leduc.
Le
premier vol du prototype no 1, avec les seuls réacteurs, eut lieu le 2 mars
1953 au mains de Jacques Guignard.
Le
second prototype, réalisé six mois plus tard, s'écrasa lors de son premier vol
le 1er septembre 1953 sur la base aérienne de Melun-Villaroche.
L'appareil
avait eu du mal à décoller en raison de la faible poussée de ses réacteurs et de la
température caniculaire qui sévissait ce jour-là, réduisant la portance et le
rendement des réacteurs.
De fait il n'était pas assez haut quand, arrivé en
fin de piste, l'appareil percuta un poteau électrique.
La cabine se détacha de
l'appareil à 300 km/h et rebondit à plusieurs reprises avant de s'immobiliser,
laissant son pilote Jacques Guignard gravement blessé.
Les
essais continuent avec le prototype no 1, qui effectue le 4 septembre 1954 son
premier vol avec moteur-fusée allumé. Après remplacement de ses réacteurs par
des Dassault MD30-ASV5 d'une puissance presque double de 750 kgp.
Le prototype
no 1 atteignit en 1955 la vitesse de Mach 1,63 et dépassa 15 000 m d'altitude.
Il est arrêté de vol en décembre 1956 et exposé au Musée de l'Air et de
l'Espace.
SO.9050
Trident II
À
la suite des performances du SO.9000 Trident I, les services officiels
commandèrent deux nouveaux prototypes en 1954 : le SO.9050 Trident II vola pour
la première fois le 19 juillet 1955.
Il est équipé d'un moteur-fusée SEPR 631
doté de deux chambres et chacune pouvait être allumée séparément, afin de mieux
contrôler la poussée produite.
Deux
accidents en marquèrent la mise au point.
Le
6 janvier 1956, alors que Jacques Guignard effectue son second vol sur le
Trident II, il tombe en panne de carburant alors qu'il est en approche finale
sur la piste d'Istres. Obligé de se poser dans la Crau, l'appareil est détruit
mais le pilote s'en sort sans blessure, la cabine éjectable s'étant
détachée.
Le
second accident eut des conséquences plus funestes. Le 20 mai 1957, alors que
Charles Goujon répète une dernière fois le programme de démonstration du salon
du Bourget, lors d'un piqué en vue d'un passage à grande vitesse l'appareil se
désintègre en vol. Le pilote eut le temps de déclencher l'éjection mais fut
retrouvé mort avec la colonne vertébrale brisée et le crâne fracturé.
Le 15 juin 1959 a lieu la vente générale du timbre Pilotes d'essais - Charles Goujon et Constantin Rozanoff.
Le 1er Jour a lieu le 13 juin au Bourget. Ce timbre est le premier timbre émis vraiment en corrélation avec le Salon de l'Aéronautique au Bourget (12 au 21 juin).
Ce timbre rend hommage aux pilotes d'essai au travers de Charles Goujon (1912-1957) et de Constantin ''Kostya'' Rozanoff (1905-1954), deux des plus célèbres pilotes d'essais des années 50, pionniers du vol supersonique en France, morts tous les deux lors de vols avec leurs appareils (Trident et Mystère IV).
Retrouvez mes deux biographies consacrées à ces pilotes :
Retrouvez ma monographie sur ce timbre :
Six
appareils Trident II furent commandés en juin 1956.
Les trois premiers
appareils furent livrés de mai 1957 à janvier 1958. Le prototype 06 prit l'air
pour la première fois le 3 janvier 1958.
Quelques jours plus tard, le prototype
05 s'octroie le record du monde d'altitude avec 22 800 m.
Puis le 19 avril, ce
fut le tour du prototype 04 de battre le record du monde de montée à 18 000 m
en 3 minutes 17 secondes après le lâcher des freins.
Le même jour le prototype
05 effectua un tonneau à Mach 1,81. Le 2 mai 1958, un record mondial d'altitude
fut atteint par Roger Carpentier sur le 06 avec 24 217 m.
Malgré
les succès obtenus, le programme fut interrompu le 6 octobre 1958 pour des
raisons budgétaires. Ce dernier jour, pour un baroud d'honneur Jean-Pierre
Rozier fit monter l'appareil à une altitude de 28 000 m, record non
homologué[2]. Compte tenu du coût de l'appareil et de sa spécialisation en
intercepteur, la série n'eut pas de suite.
Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
Space Quotes - Souvenirs d'espace
.jpg)

.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire