Depuis le 12 novembre dernier, et ce pendant au moins un an, les visiteurs du Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget pourront voir une superbe maquette à l'échelle 1 de Philae.
Lors du posé de l'atterrisseur Philae sur le sol de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko après 10 ans de voyage interplanétaire, une maquette animée à l'échelle 1 de Philae a été présentée au public présent au Musée de l'Air et de l'Espace qui était venu suivre cet évènement historique en direct sur place.
Le public a pu voir cette maquette, baptisée Philea en clin d'oeil de son illustre modèle, déployer ses pieds et se poser sur le sol au musée.
Ce double est une réplique ''partielle'' et opérationnelle de Philae. On peut y voir l'intérieur de l'atterrisseur, avec ses instruments.
La maquette Philea est un projet collaboratif entre quatre académies (Créteil, Paris, Versailles et Limoges) et le CNES. Des dizaines d'étudiants, de plusieurs classes et matières, d'une quinzaine d'établissements, se sont réunis pour la conception. Cela permet de mettre en valeur différentes formations universitaires souvent mal connues du public.
Philea est présenté dans le Hall Espace.
Actuellement, il est posé au sol, pieds déployés.
D'ici quelques temps, une démonstration animée sera mise en place pour que le public puisse voir le déploiement des pieds et le posé sur un sol reconstitué.
L'animation permettra également de voir les caméras CIVA qui sont les yeux de Philae (projection d'images sur grand écran).
En attendant, voici quelques photos de ce que vous pourrez voir sur place.
Ce 14 novembre 1969, une fusée Saturn V s'envole pour emmener un équipage vers la Lune.
Au sommet, l'équipage d'Apollo 12 :
- Charles Conrad, Commandant (3ème vol)
- Alan Bean, LMP (1er vol)
- Richard Gordon, CMP (2ème vol)
Quelques secondes après le décollage, deux éclairs s'abattent coup sur coup sur la fusée. Les données télémétriques furent interrompues puis altérées après le retour à la normal. Alan Bean manoeuvra l'interrupteur SCE (Signal Conditioning Equipment) pour rétablir la télémétrie à la demande des contrôleurs de vol.
Le 20 novembre, le module lunaire Intrepid (LM-6) se pose à 180 mètres de la sonde lunaire américaine Surveyor 3, dans l'Océan des Tempêtes.
Il y a exactement 125 ans, le 20 novembre 1889, Edwin Powell Hubble naissait à Marshfield dans le Missouri.
Il obtient son diplôme de mathématiques et d'astronomie en 1910 à l'Université de Chicago.
Puis il obtient son doctorat en astronomie en 1917, année où George E. Hale, le fondateur et directeur de l'observatoire du Mont Wilson, en Californie (à proximité de Pasadena) lui propose un poste. Mais Hubble est envoyé en France au front, suite à l'entrée en guerre des Etats-Unis la même année.
A son retour, il va donc travailler au Mont Wilson. Il y travaillera jusqu'à sa mort, le 28 septembre 1953, suite à un AVC (Accident Vasculaire Cérébral).
En 1923-1924, grâce au télescope Hooker de 2,5 mètres de diamètre (le plus gros à l'époque), il établit le premier que ce que l'on prenait avant pour des nébuleuses dans notre galaxie, étaient en fait, d'autres galaxies éloignées de la nôtre. Il annonça sa découverte le 24 décembre 1924.
En 1929, grâce à la spectroscopie, avec Milton Humason, Hubble met en évidence la relation qu'il y a entre la distance des galaxies et leur vitesse d'éloignement : c'est la loi de Hubble.
Il y a expansion de l'univers.
(Bloc-feuillet émis par les USA en 1999)
Cette découverte, permet de soutenir la thèse de la théorie du Big Bang, proposée par Georges Lemaître, chanoine et scientifique belge.
Hubble a créé un système de classement des galaxies qui est encore utilisé aujourd'hui.
Durant sa carrière, il a été maintes fois récompensé.
Il découvre l'astéroïde 1373.
Et bien sûr, la NASA lui rendra hommage avec le télescope spatial Hubble, mis en orbite en 1990 par la mission STS-31 (on fêtera les 25 ans en 2015).
(Enveloppes commémorant les 10 ans du lancement d'Hubble, signées par équipage)
Ce 8 novembre 1984, la navette Discovery s'envole pour sa deuxième mission spatiale, STS-51A, depuis Cape Canaveral. A bord, un équipage de cinq astronautes :
- Frederick ''Rick'' Hauck, Commandant (2ème vol)
- David Walker, Pilote (1er vol)
- Joe Allen, Mission Specialist (2ème vol)
- Dale Gardner, Mission Specialist (2ème vol)
- Anna Lee Fisher, Mission Specialist (1er vol)
La mission STS-51A est certainement une des plus complexes jamais réalisée du programme navette spatiale.
L'équipage doit mettre en orbite deux satellites :
- Anik 2D pour le Canada, qui sera mis en orbite le 2ème jour
- Leasat-1 (Synwom IV-1) pour le compte de l'US Navy qui sera mis en orbite au 3ème jour
Mais surtout doit récupérer deux satellites, Palapa B2 et Westar VI qui avaient été largués depuis la soute de Challenger lors de la mission STS-41B en février 1984, mais qui n'avaient pu se mettre en orbite à cause d'un disfonctionnement du dispositif de déploiement PAM (Payload Assist Module).
Le 12 novembre, une première EVA est effectuée par Dale Gardner et Joe Allen en MMU afin de récupérer le satellite Palapa B2, à l'aide d'un dispositif spécial appelé ''Stinger''. La rotation qu'avait le satellite n'a pas facilité la récupération, et les deux hommes ont du unir leur effort, pour l'arrêter afin de le capturer et le mettre en soute. L'EVA aura duré un peu plus de 5h00.
Le 13 novembre, une deuxième EVA de 5h43 est nécessaire pour récupérer le satellite Westar VI et le ramener en soute. Avec humour, Dale Gardner montra un panneau avec l'inscription ''For Sale''. en effet, les satellites devaient revenir sur Terre et être réparés... Ils le seront effectivement plus tard et seront renvoyés dans l'espace avec d'autres noms.
Ce fut la dernière EVA avec utilisation du MMU, et jusqu'en 1994, la dernière sans filin de sécurité depuis une navette (STS-64 avec le SAFER).
Plusieurs expériences eurent également lieu lors de cette mission.
Après un vol de 7 jours 23 heures et 44 minutes, Discovery revient sur Terre et se pose à Cape Canaveral.
Ce 3 novembre 1994, la navette spatiale Atlantis décollait pour son 13ème vol depuis Cape Canaveral. A bord, six astronautes :
- Donald ''Don'' McMonagle, Commandant (3ème vol)
- Curtis ''Curt'' Brown, Pilote (2ème vol)
- Ellen Ochoa, Mission Specialist (2ème vol)
- Scott Parazynski, Mission Specialist (1er vol)
- Joseph ''Joe'' Tanner, Mission Specialist (1er vol)
- Jean-François Clervoy, Mission Specialist, France (1er vol)
La mission est dénommée ATLAS-3, car elle emporte le 3ème (et dernier) laboratoire ATLAS (ATmospheric Laboratory for Applications and Sciences).
Le décollage a failli être reporté à cause d'une météo capricieuse sur les sites de retour d'urgence (Abort Landing Sites).
Le français Jean-François Clervoy effectuait son premier vol dans l'espace et devenait le deuxième français à voler à bord d'une navette après le vol de Patrick Baudry en 1985.
Lors de ce vol, ils étaient trois à effectuer leur premier vol, et tous les trois ont été interviewés par Space Quotes - Souvenirs d'espace, justement sur ce premier vol.
Retrouvez les interviews de (cliquez sur le lien en jaune) :
L'objectif principal de la mission était d'étudier le soleil, l'énergie et rayonnements solaires, d'étudier la composition de l'exosphère et de la thermosphère, ainsi que la couche d'ozone. D'ailleurs, le plan de vol de la navette a été conçu pour étudier celle-ci au-dessus de l'Antarctique, et de permettre ainsi d'observer et d'étudier les interactions entre le soleil, l'atmosphère et la couche d'ozone.
Beaucoup d'expériences et d'expérimentations ont été emmenées à bord d'ATLAS-3, dont plusieurs conçues en Europe et en France, comme les spectrographes ATMOS et SSBUV, ou les appareils ACRIM, SOLCON, SOLSPEC, SUSIM pour l'étude du Soleil.
L'instrument MAS (Millimeter wave Atmospheric Sounder) chargé de mesurer la vapeur d'eau, le monoxyde de chlorine ou l'ozone présent dans l'atmosphère entre une altitude de 200 et 100 km, s'arrêta de fonctionner après 9 heures d'utilisation seulement.
Un autre objectif a été de déployer la plateforme SPAS de la navette sur laquelle était installé CRISTA (Cryogenic Infrared Spectrometer Telescope for Atmosphere), un ensemble d'observation avec un télescope).
Larguée depuis la navette, la pateforme sera récupérée 8 jours plus tard (elle est restée à une distance comprise entre 40 et 70 km).
Lors de la récupération de CRISTA, il a été expérimenté un système d'approche (R-Bar approach) pour les prochains arrimages avec MIR, permettant d'économiser du carburant et de ne pas ''polluer'' la station spatiale.
D'ailleurs, la mission STS-66 a été la dernière mission ''en solo'' d'Atlantis pendant les 17 années suivantes. En effet, Atlantis a été dévolue aux missions d'arrimage avec MIR et la Spatiale Spatiale Internationale et même Hubble (STS-125).
Après un vol de 10 jours 22 heures et 34 minutes, la navette Atlantis et sont équipage se posent le 14 novembre sur la Base d'Edwards, car il y avait trop de vents et de pluie à Cape Canaveral.
Mercredi prochain, 15 octobre, sort le
très beau film HIDDEN UNIVERSE qui présente pour la première
fois, en format IMAX (donc en format géant), des images très récentes prises
par le Very Large Telescope (VLT) et
l’Atacama Large Millimeter Array (ALMA),
tous les deux situés dans le désert d’Atacama au Chili.
Le film présente deux astronomes, Jonathan Whitmore (expert en
spectrologie et physique extragalactique) et Gregory Poole (cosmologue, expert en simulation des structures de
l’Univers), au sein de l’ESO
(Observatoire Européen Austral), où se trouvent le VLT et ALMA, et nous suivons
au travers de leurs commentaires, ainsi que d’autres personnes travaillant sur
place, un voyage dans l’univers.
Les images issues de ces télescopes et
radiotélescopes nous montrent des mondes absolument merveilleux, où le
spectateur pourra se trouver immerger, grâce à l’IMAX et à l’écran sphérique de
La Géode, dans les plus anciennes galaxies visibles, admirer la naissance des étoiles
au centre de magnifiques nuages de poussières et de gaz. Le spectateur sera
aussi le témoin de collision entre deux galaxies, admirer ces merveilles de
technologies et d’ingénierie que sont le VLT et ALMA.
Il pourra aussi, grâce aux
extraordinaires images en très hautes résolution de la camera HIRISE de Mars
Reconnaissance Orbiter (MRO), survoler le sol martien avec ses dunes, ses
canyons et ses cratères.
(Mars vu par HIRISE)
Le VLT se trouve à environ 2 600
mètres d’altitude et ALMA à 5 000 mètres. Il ne pleut jamais ou presque (4
mm d’eau par an) et une atmosphère sans pollution et très sèche. Un
environnement très aride. Il n’y a aucune pollution lumineuse. L’endroit idéal
pour installer des observatoires astronomiques. D’où la présence de l’ESO avec
le VLT et ALMA.
‘’Au Chili, la nuit est si sombre que l’on peut voir à
l’œil nu ce que l’on va filmer dans le ciel. Les étoiles brillent si
intensément que l’on peut même voir son ombre au clair de la Voie Lactée.’’
(Russel Scott – le réalisateur)
Le VLT, situé à Cerro Paranal, se compose de 4 Télescopes
Unitaires ayant chacun un miroir de 8,2 mètres et de 4 Télescopes Auxilliaires
de 1,8 mètre. Tous ses télescopes, lorsqu’ils fonctionnent ensembles, forme un
Interféromètre, le VLTI, qui permet une précision jusqu’à 25 fois supérieure
que si les télescopes étaient utilisés séparément.
Les personnes travaillant au VLT logent
à La
Residencia, superbe bâtiment rendu célèbre par Quantum of Solace.
(Cerro Paranal et le VLT)
Situé sur le haut plateau de Chanjantor,
ALMA est un ensemble de 66 radiotélescopes de 12 et 7 mètres de diamètre. C’est
le plus grand projet astronomique au monde, conçu et construit en collaboration
avec l’Europe, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique du Nord, ainsi bien sûr, que le
Chili.
Inauguré en 2013 (les premières
observations datent de 2011), ALMA est donc le plus puissant instrument pour
mesurer l’Univers froid, grâce à ses observations dans des longueurs d’ondes
différentes (millimétriques et submillimétriques).
On peut y observer les radiations du Big
Bang, les galaxies naissantes il y a 13 milliards d’années, les blocs
élémentaires des étoiles, les systèmes planétaires, les gaz moléculaires et les
poussières d’étoiles, les planètes en formation, etc …)
(ALMA vu dans le film)
Le tournage dans le désert d’Atacama,
qui est un des lieux les plus inhospitaliers pour l’homme, mais aussi
paradoxalement, le lieu le plus propice à l’observation des cieux, n’a pas été
facile pour l’équipe de tournage tout en étant complètement dépaysant.
‘’ Ça a été extraordinaire de tourner dans le désert
d’Atacama, au sein d’un observatoire de renommée mondiale. Ici, certains lieux
d’un autre monde, dans les Andes, vous donnent presque l’impression d’être sur
une autre planète, et c’est cette expérience presque surnaturelle que j’ai
voulu transmettre aux spectateurs.’’
(Russel Scott – le réalisateur)
‘’On ne peut même pas utiliser son téléphone. Sil vous
arrive quoi que ce soit, il n’y aura personne pour venir vous chercher.’’
(Stephen Amezdroz – le producteur)
Le procédé de prise de vue est donc le IMAX, qui est le format le plus grand
du monde. Sa pellicule de 70 mm est deux fois plus large que celle utilisée par
le cinéma classique et permet donc une résolution d’image absolument incroyable
et grâce écrans géants qui peuvent diffuser ces films (400 écrans seulement
dans le monde), le spectateur est complètement immergé dans le film.
(En plein tournage à Atacama)
L’avant-première d’HIDDEN UNIVERSE a eu lieu ce mercredi 8 octobre à La Géode de Paris
en compagnie de Claudie Haigneré,
présidente d’Universcience et première astronaute française dans l’espace,
ainsi que de l’Ambassadeur du Chili en France, son Excellence Patricio Hales.
(Le directeur de La Géode)
(Claudie Haigneré)
(L'Ambassadeur du Chili)
À l’issu de la projection, une petite
séance de questions – réponses a eu lieu entre le public et des personnalités
spatiales, dont Francis Rocard,
responsable des programmes d’exploration au CNES.
Bref, vous l’aurez compris, je vous
conseille d’aller voir ce film. Je n’ai qu’une critique, c’est qu’il est trop
court à mon avis… J’aurai aimé m’immerger encore plus de temps. Mais faut dire,
que 40 minutes de film en IMAX correspondent à 4 km de pellicule…
Pour les spectateurs qui iront le voir à
partir de la semaine prochaine à La Géode, un concours est organisé sur la page
Facebook de La Géode, et le gagnant se verra offrir un voyage au Chili avec
visite du VLT.