dimanche 14 juin 2026

Un Jour - Un Objet Spatial / reprise n° 00163 du 31 mars 2019 / Barbie Astronaute a 60 ans


Un Jour - Un Objet Spatial / reprise
n° 00311 du 31 mars 2019
60 ans poupée Barbie / Barbie Astronaute
(1959-2019)
Si hier, c'est mon fils Timothy qui a inspiré l'objet du jour avec la Moonwalker Fortnite (n° 00310 du 30 mars 2019), aujourd'hui c'est ma fille Maddy qui l'a inspiré avec cette Barbie astronaute.
 
Les photos de cet objet du jour ont été faites par ma fille depuis son lycée - merci de votre indulgence 😉
 
En mars 1959 apparaît pour la première fois aux Etats-Unis la poupée Barbie commercialisée par la société Mattel (créée en 1945 par Harold MATson et ELliot Handler).
 
C'est Ruth Handler, la femme d'Elliott Handler, qui créée Barbie en s'inspirant d'une poupée mannequin allemande (Bild Lilli) sortie en 1955. Barbie est le diminutif de sa fille Barbara (et plus tard, Ken le sera de son fils Kenneth).
 
Le succès est presque immédiat. Il faut dire que c'est la première poupée adulte aux Etats-Unis, et avec ses cheveux blonds, sa poitrine ''opulente'', ses grands jambes, sa taille fine et une garde-robe impressionnante, c'est une révolution là-bas.
 
Au fil des années, Barbie s'est adaptée à son temps. Elle a exercé beaucoup de métiers (environ 150), avec les tenues et accessoires qui vont avec. Elle a même été parfois en avance sur ''son temps'', surtout aux Etats-Unis.
 
Au fil du temps, le succès ne s'est pas démenti, même si ces dernières années, la concurrence est rude. Plus d'un milliards de Barbie ont été vendues depuis 60 ans. Et elle a évolué au cours du temps (cheveux, couleur de peau, etc...)
 
Il y a eu des Barbie ''usuelles'', c'est à dire que l'on trouvait dans les magasins de jouets, les ''collector'', c'est à dire en édition spéciales, les ''commémoratives'', les tenues et accessoires sans les poupées, etc...
 
Je ne vais pas revenir sur la saga Barbie. Je n'y connais pratiquement rien, sauf sur certaines éditions spéciales qui ont été spatiales, notamment aujourd'hui avec cette Barbie Astronaute pour les 60 ans de Barbie.
 
Ce n'est pas la première Barbie Astronaute. La première remonte à 1965 ! Voici un ''rapide tour d'horizon'' des Barbie Astronaute (liste non exhaustive bien sûr).
 
La première Barbie astronaute remonte à 1965. Elle nous présente une Barbie en combinaison ''argentée'' avec une boite décorée où l'on voit une capsule Mercury (même si en 1965, c'est plutôt Gemini).
C'est une grande rareté pour les collectionneurs de Barbie. En 2009, pour les 50 ans, Mattel a produit une série de reproductions dont celle-ci, bien plus abordables.
La deuxième Barbie Astronaute date de 1985. Il y a deux Barbie proposées en deux boites. Une Barbie blonde classique et  une Barbie afro-américaine.
Elles portent une combinaison très colorée, qui à mon avis, ressemble plus à une tenue de patineuse artistique.
En 1994, c'est une nouvelle Barbie Astronaute qui commémore les 25 ans de la mission Apollo 11. On y voit même le logo officiel commémorant ces 25 ans parmi les accessoires.
En 1998, c'est un tenue sans poupée qui est proposée. Il s'agit de la fameuse Blue Suit, la tenue bleue des astronautes. Elle est aux couleurs du Space Camp (à Huntsville) avec différents patchs NASA et Shuttle et une casquette NASA.
 
2011 et 2013 avec aussi juste des tenues et accessoires proposés.
En 2013, Barbie devient Exploratrice de Mars. Première Barbie à lauqelle la NASA a collaboré officiellement. Elle est vendue le 5 août, date de commémoration du poser de Curiosity sur Mars.
 
En 2016, c'est un pack de deux Barbie : une astronaute et une scientifique spatiale. C'est cette poupée astronaute qui est reprise en 2019 pour les 60 ans de Barbie que je vous présente enfin ici (après un long préambule 😁).
Certaines de ces Barbie sont très recherchées ainsi que leurs tenues et accessoires. Ne soyez pas étonner du prix assez élevées de certaines. Surtout si les boites n'ont pas été ouvertes.
 
On revient à notre Barbie du jour. Comme dit plus haut, c'est celle, ou presque, de 2016. Elle a une combinaison largement inspirée de la Sokol mais sans casque intégré puisqu'il est à part. Il y a même un ''patch'' comme celui pour l'ISS.
Elle est présentée dans une boite dont l'illustration est exactement celle du pack de 2016. Au dos de la boîte, il y a un petit récapitulatif des Barbie Astronaute pour cette célébration des 60 ans.
Le casque en plastique est en deux parties et la combinaison en tissu se ferme par velcro dans le dos. Il y a une paire de bottes blanches et de gants en plastiques.
Ces types d'objets entrent parfaitement dans une collection spatiale, mais ils prennent de la place... et là je ne vous ai parlé que des Barbie traditionnels mais il existe aussi des Mini Barbie astronautes (1995) et depuis peu des pops...

Comme cet article est une reprise de celui de 2019 pour une introduction au monde des Barbie Astronaute, j'ai fait depuis plusieurs autres articles sur des Barbie Astronaute sorties après 2019 - je vous remets les liens ici, c'est une bonne introduction à l'objet n° 00715 qui est publié ce 14 juin 2026 😉

2019 : Barbie Sally Ride
2021 : Barbie Samantha Cristoforetti
Ces 2 Barbie font l'objet du Un Jour - Un Objet Spatial n° 00500 :
2021 : Barbie Anna Kikina, cosmonaute de Roscosmos.
Collection pour la campagne You Can Be Whover You Want / Barbie Celebrates Role Model
Mattel a fait 2 ùpdèles : une en combinaison EVA Orlan et une en combinaison bleue.
Ces modèles n'étaient pas destinées à la vente au public.
C'était le prix d'un concours pour célébrer les 60 ans du vol de Youri Gagarine.
(crédit : Mattel et Reuters)
2023 : Barbie Katya ''Kat'' Echazaretta (astronaute sur New Shepard)
Collection Barbie Celebrates Role Model :
(crédit : Mattel)
2024 : 65 ans Barbie Astronaute
 
2025 : Barbie Ellen Ochoa
Voir objet n° 00715 (à venir d'ici ce soir normalement) :
Happy Collecting !

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Un Jour - Un Objet Spatial n° 00715 / Mattel - Poupée Barbie Ellen Ochoa

 (en cours de publication)

Un Jour - Un Objet Spatial n° 00715
Mattel - Poupée Barbie Ellen Ochoa
C'est le 15 septembre 2025, Mattel dévoile une poupée Barbie à l'effigie de l'astronaute américaine Ellen L. Ochoa : Barbie Inspiring Women Ellen Ochoa.
Première hispanique (latina) dans l'espace (4 vols en navette), Directrice du Jonson Space Center de Houston, distinguée par la Presidential Medal of Honor, la plus haute distinction civile américaine, intronisée au Hall of Fame, Ellen Ochoa a rejoint un cercle encore plus fermé : celui des personnes ayant été dans l'espace ayant leur poupée Barbie !

Voir mon article sur les poupées Barbie Astronautes depuis la 1ère en 1965 :
Voir mon article sur les Barbie Sally Ride et Samantha Cristoforetti (objet n° 00500):

Je ne vais pas revenir sur la biographie d'Ellen Ochoa, vous trouverez toutes les informations à son sujet dans celle que j'ai publiée :

C'est donc dans la série Inspiring Women que Mattel a sortie cette Barbie - c'est la même collection que la Barbie Sally Ride.
<< Before I became the first hispanic woman in space, my journey in STEM was fueled by a deep curiosity and a desire to explote the unknown. That's why being honored by Barbie - a brand that inspires imagination and possibility - means so much to me >>.

<< It's important to me to empower young people to bring their curiosity ans personal viewpoint into whatever dreams they choose to pursue just I've aimed to do throughout my career. This partnership with Barbie feels like an exciting next step in that mission >> a déclaré Ellen Ochoa dans un communiqué Mattel.

La Barbie représente Ellen Ochoa en combinaison orange, la mythique ACES (Advanced Crew Escape System), portée lors des missions navette spatiale - et ici, plus particulièrement lors de sa 1ère mission, STS-56 avec Discovery. Le patch sur la combinaison est celui de STS-56.
Combinaison complète, bottes, gants et casque.

Pour la petite histoire, il existe une version classique, comme celles que l'on trouvent dans les rayons des magasins, sans autre boite d'emballage, et lorsqu'on la commande par correspondance, il arrive qu'elle soit livrée dans un emballage de protection en carton qui est lui-même siglée Barbie Ellen Ochoa (mais pas toujours d'après d'autres amis collectionneurs qui eux n'ont pas reçus cet emballage).
Bon, cet emballage fait un objet de collection à part entière 😁😁😁

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mardi 2 juin 2026

Mission Proxima de Thomas Pesquet - bloc collector (2017) et carnet de timbres (2018)

 (en cours de publication)

Mission Proxima de Thomas Pesquet
Emission d'un bloc collector - 2 juin 2017
Emission d'un carnet de 12 timbres - 4 juin 2018
Je compile en une seule publication plusieurs de mes écrits sur ces 2 émissions philatéliques consacrées à la Mission Proxima de Thomas Pesquet (18 novembre 2016 au 2 juin 2017).
Ces articles ont été publiés entre juin 2017 et septembre 2018 - c'était sur un forum aujourd'hui très impratique car j'ai arrêté depuis 2019 de prendre les options qui facilitaient sa lisibilité.

C'est le jour même du retour sur Terre de Thomas Pesquet que La Poste émet un bloc collector de 4 timbres adhésifs.

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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lundi 1 juin 2026

Un Jour - Un Objet Spatial / reprise n° 00163 du 5 novembre 2018 - Enveloppes vols Mini-ALT de 1976 John W. Kiker

 
Un Jour - Un Objet Spatial / reprise
n° 00163 du 5 novembre 2018
(50 ans 1er vol - 2 juin 1976)
Enveloppes vols Mini-ALT de 1976
John W. Kiker
Cette série d'enveloppes commémorent une étape importante du programme de la navette spatiale et qui est très méconnue : les tests Mini-ALT qui vont valider le concept de transport d'une navette spatiale sur le dos d'un avion-porteur, ce sera le Boeing SCA (Shuttle Carrier Aircraft) afin dans un premier temps de tester la navette Enterprise lors des vols libres (ALT : Approach and Landing Testt) qui validera le retour sans moteur, en planant, de la future navette spatiale.
 
Au début du lancement du programme navette spatiale en 1972, on pense que celle-ci peut décoller et revenir par ses propres moyens (un des premiers concepts faisait basculer les moteurs dans la soute pendant le vol spatial après le décollage, puis les faisait ressortir pour atterrir).
 
Dès 1973, le schéma type d'une navette spatiale et de sa mission étaient établis, la faute surtout à un budget insuffisant pour les rêves des ingénieurs de la NASA. La navette spatiale décollerait à l'aide de deux boosters et d'un réservoir extérieur largables et reviendrait se poser en planant.
 
Il fallait dont prévoir de quoi transporter la navette d'un point à un autre au cas où elle se poserait ailleurs qu'au KSC (Edwards et White Sands) et surtout pour tester le concept de retour plané, bien que le programme Lifting Body ait déjà apporté pas mal de réponses à cette problématique.
 
Nous sommes dans une période ''de vaches maigres'' pour la NASA et un ingénieur de la NASA, John Kiker, va trouver une solution originale.
 
John W. Kiker est né le 4 août 1925 à Wadesboro en Caroline du Nord. C'est un passionné d'aviation (il avait un avion avant d'avoir une voiture) et était instructeur sur le mythique bombardier B-25 à la sortie de la seconde guerre mondiale. C'était un pilote chevronné, tant d'avions militaires que civils.
 
A la fin des années 50, il entre à la NASA et va travailler d'abord sur les parachutes de Mercury, Gemini  et Apollo. Il a participé également à la construction de la fameuse ''couverture'' de Skylab conçue par Jack Kinzler.
 
Au milieu des années 1970, John W. Kiker est à Houston en tant que (je vous mets sa fonction exacte) :
Chief, Mecanism Branch,
Spacecraft Design Division,
Program Development Assistant Directorate,
Engineering and Development

 
La solution de John Kiker est de faire du ''ferroutage (plutôt de l'airroutage'') en utilisant un avion-porteur. Et autant vous dire qu'à l'époque, l'idée paraissait complément dingue et il y a eu beaucoup de scepticisme pour cette proposition.
Et oui, nous sommes tellement habitués à cette image d'un Boeing portant une navette, qu'on ne peut imaginer que cette idée a quasiment failli ne jamais voir le jour tellement elle paraissait dingue à l'époque.
 
Mais Kiker s'obstine à croire dans son idée, et réussit à convaincre Max Faget (1921-2004), le ''papa'' de Mercury et un des pères de Gemini, Apollo et de la navette spatiale.
 
Kiker s'entoure des meilleurs aérodynamiciens de la NASA, notamment ceux de Langley dont Owen Morris (1927-2014) et travaillent sur deux avions en particulier : le Lockheed C-5 Galaxy et le Boeing 747.
 
Ces deux avions ont la capacité structurelle de porter une navette sur leur dos et répondent quasiment identiquement aux critères aérodynamiques voulus par Kiker. C'est même le C-5 qui a d'abord les préférences de Kiker car l'avion aurait pu venir de l'US Air Force et donc à moindre coût.
 
Pour que les conditions de vol avec une navette spatiale soient les plus satisfaisantes possibles, il a été convenu que la navette aurait un cône arrière qui protégerait les moteurs de celle-ci afin d'éviter de les démonter à chaque fois. Un gain de temps et aussi d'argent.
Un cône a donc été construit et testé avec une mise en place sur le dos de chaque appareil. Et il avait été prévu aussi que les trois premiers tests ALT de la navette Enterprise soient avec ce cône.
A là, on s'aperçoit que la dérive du C-5 est très gênante pour le largage. Ce sera donc le Boeing 747 qui est choisi.
 
Mais avant de valider le concept et pour faire taire ''les sceptiques'', John Kiker va effectuer une série de tests avec ... des modèles réduits radiocommandés !
 
Il construit, avec Owen Morris, à Houston une première maquette de navette spatiale au 1/40ème qu'il place sur le dos d'un Sterling Gazariator (un modèle réduit télécommandé d'avion léger) et effectue plusieurs tests d'atterrissages et de décollages, tous avec succès.
Puis il construit un Boeing 747 à partir d'une boite en balsa avec de la mousse et le tout recouvert de fibre de verre. Les ailes sont deux morceaux de mousse recouverts de balsa et de MonoKote (un film plastique qui durcit à la chaleur).
 
Le train d'atterrissage, qui est rétractable, et les pompes à carburant viennent du fabricant de modèles réduits Carl Goldberg Modeling Inc. Ce dernier, d'ailleurs, ne manqua pas l'opportunité de se faire de la publicité avec ce projet de Mini-ALT.
Fin avril 1976, tout est presque prêt. Il faut un peu plus d'un mois pour peaufiner le premier vol qui a lieu avec succès, sur l'aéroport d'Ellington à Houston (au pied du Johnson Space Center) le 2 juin 1976 devant les responsables de la NASA.
Le vol se déroule à la perfection. La séparation se fait normalement et les deux appareils reviennent sur le sol en parfait état, démontrant la faisabilité du projet.
Un deuxième vol a lieu le 19 août, toujours à Houston et c'est aussi un succès.
Le concept est validé.
 
Les deux modèles se trouve aujourd'hui au National Model Aviation Museum à Muncie dans l'Indiana (très très beau musée).
John W. Kiker recevra le surnom de '' $19 million man'' car c'est la somme, énorme à l'époque, que la NASA a permis d'économiser sur cette partie du programme Navette Spatiale.
 
John W. Kiker nous a quitté le 6 mai 2005 à l'âge de 79 ans.

Happy Collecting !

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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dimanche 31 mai 2026

Un Jour - Un Objet Spatial n° 00712-00714 / USA - 10ème anniversaire Emissions de timbres : Lune, Planètes du système solaire et Pluton avec sonde New Horizons - 31 mai 2016

 (en cours de publication)

Un Jour - Un Objet Spatial n° 00712-00714
31 mai 2016 - 10ème anniversaires des émissions
Lune, Planètes du système solaire, Pluton/New Horizons
Le 31 mai 2016, il y a 10 ans, la poste américaine (USPS) met en vente 3 émissions philatéliques consacrées à l'astronomie :

- un timbre sur la Lune
- Une série de 8 timbres sur les 8 planètes du système solaire
- un feuillet de 4 timbres sur Pluton et la sonde New Horizons

C'est fin décembre 2015 qu'USPS annonce la sortie de ces émissions pour 2016.

Avec le survol de Pluton par la sonde New Horizons en juillet 2015, la poste américaine met à l'honneur les corps célestes explorés par l'Homme, à savoir la Lune (où 12 hommes ont marché entre 1969 et 1972) et les 9 principales planètes du système solaire, et oui, au moment du lancement de New Horizons le 19 janvier 2006, Pluton était encore considérée comme la 9ème planète du système solaire, statut qu'elle perd en août 2006 lorsque l'Union Internationale Astronomique la rétrograde en planète naine (décision que les USA ont eut et ont toujours du mal à accepter - 20 ans après, en avril 2026, l'Administrateur de la NASA Jared Isaacman suggère de redonner le statut de planète à Pluton).

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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vendredi 22 mai 2026

Un Jour - Un Objet Spatial / reprise n° 00197 du 10 décembre 2018 - Couverture du Science et Vie n° 439 d'avril 1954 - Le Douglas X-3 Stiletto

 

Un Jour - Un Objet Spatial / reprise
n° 00197 du 10 décembre 2018
 
Couverture du Science et Vie n° 439 d'avril 1954
Le Douglas X-3 Stiletto
L'objet du jour peut être parfois la trouvaille du jour - ici, chez un bouquiniste cet après-midi.
 
Voici le Science et Vie n° 439 d'avril 1954.
 
Et la couverture, magnifique, nous fait replonger dans l'âge d'or des avions expérimentaux. Et ici, c'est le superbe mais méconnu Douglas X-3 Stiletto.
Je vous le fait rapide car il y a quand même une forte littérature aéronautique sur cet avion.
 
Le programme du X-3 Stiletto (je ne vous traduis pas Stiletto, vous l'aurez compris à sa forme) naît à la fin des années 1940.
C'est un programme d'avion expérimental qui se veut très ambitieux. A cette période, la bataille du mur du son et de la vitesse est à son apogée.
Le X-1 a dépassé le mur du son le 14 octobre 1947 avec Chuck Yeager, et le programme Douglas D-558-1 Skystreak commence à peine.
Très ambitieux, ce programme l'est assurément.
Il consiste d'abord en un appareil capable de décoller par lui-même et de grimper très vite en altitude (le X-1 était largué) et tenir une vitesse en altitude à Mach 2.
Il devait aussi étudier le comportement d'un fuselage en titane ainsi que la tenue de vol avec des ''petites ailes''.
Le programme est lancé officiellement en janvier 1949 avec la construction de deux exemplaires mais un seul sera livré.
 
Mais très vite, Douglas rencontre un problème de taille : le réacteur initialement prévu, un Westinghouse J46 de 31,3 kN de poussée, se révèle impossible à utiliser car il est trop lourd, trop gros. Ce sera donc un Westinghouse J34 de 21,3 kN de poussée qui sera utilisé.
 
Concernant la forme de l'appareil, elle est radicalement différente de celle du X-1 par exemple (en forme de balle de pistolet). Le X-3 est très effilé et son profil est étudié spécialement pour pouvoir voler à très haute vitesse. Son long nez permet le rangement des appareils de tests et mesures. Et ses petites ailes trapézoïdales, associées à son fuselage effilé, doivent permettre de réduire au maximum la traînée. D'ailleurs, le profil des ailes sera repris par le F-104 Starfighter.
L'appareil mesure 20,30 mètres pour une envergure de 6,90 mètres !
Le premier et finalement seul exemplaire est livré en septembre 1952 et le premier vol a lieu 20 octobre 1952 sur la Base d'Edwards avec Bill Bridgeman comme pilote (il était le chef pilote du programme chez Douglas).
En fait, 5 jours plus tôt, le 15 octobre, lors d'un test de roulage à grande vitesse, le X-3 a décollé sur environ 1,5 km à quelques centimètres du sol, mais c'était ''un décollage involontaire''.
 
On s'aperçoit vite que le X-3 Stiletto est vraiment sous-motorisé. Il ne peut même pas atteindre une vitesse supersonique en vol horizontal. Il lui faut être en piqué pour l'atteindre et encore de peu.
Douglas aimerait bien le remotoriser et propose même un moteur-fusée (mais cette proposition n'ira pas plus loin qu'une proposition).
De plus, il est très peu maniable et difficile à piloter. Il lui faut même une vitesse très élevée pour décoller (à plus de 480 km/h).
 
Bill Bridgeman effectue 26 vols à bord, les 26 premiers avant que Douglas laisse l'appareil aux mains des pilotes d'essais de l'US Air Force et à la NACA.
Ces autres vols d'essais servent à étudier le vol avec des ''petites ailes'' ou ailes restreintes et surtout le couplage inertiel, phénomène qui était encore très mystérieux à l'époque.
Ce phénomène apparaît lors des vols à haute vitesse lorsque l'inertie due au poids du fuselage prend le pas sur les forces stabilisatrices engendrées par la voilure et l'empennage de l'appareil. Cela a causé de nombreux accidents et crashs mortels et était jusqu'à lors inexpliqué. Le X-3 va permettre de résoudre ce problème.
 
Il y avait deux pilotes de l'US Air Force affecté au programme. C'étaient Chuck Yeager et Frank ''Pete'' Everest. Ils volaient pour le compte de la NACA tout en restant pilotes USAF. Ils firent chacun trois vols sur le X-3.
Un quatrième pilote a effectué aussi des essais. Il s'agissait de Joe Walker (célèbre par la suite comme pilote de X-15).
Il fait son premier vol le 25 août 1954 et en effectue 6 autres avant son ''fameux'' vol du 27 octobre 1954. Ce jour-là, l'appareil subit un très important phénomène de couplage inertiel provoqué (un tonneau volontaire à Mach 0,95 a engendré une vrille) et manque de s'écraser mais Joe Walker est un pilote exceptionnel et l'avion se pose sans dommage.
Toutes les données recueillies lors de ce vol vont permettre aux ingénieurs de la NACA de comprendre précisément ce phénomène et de proposer des améliorations techniques sur les appareils pour limiter cela, notamment sur le F-100 Super Sabre et le F-102 Dagger.
Le F-101 Voodoo est conçu grâce aux résultats fournis par le X-3 et dispose, le premier, d'un système anti-couplage inertiel.
 
Après ce vol épique, l'avion reste au sol jusqu'en septembre 1955 avant de reprendre pour 10 vols d'essais, toujours avec Joe Walker comme pilote d'essais.
Le dernier vol d'un X-3 Stiletto a lieu le 23 mai 1956.

Il se trouve aujourd'hui au Musée de l'US Air Force sur la base de Wright-Patterson.
Publicité de 1954
Voici donc une petite histoire sur le X-3 Stiletto inspirée d'après un magazine acheté aujourd'hui.
La prochaine fois, j'essaierai une trouvaille qui demande moins de texte 😁😁😁 
 
Le magazine nous dit que le Stiletto devait voler à Mach 3 (c'est même écrit sur la couverture).
L'article (des pages 317 à 323) nous parle surtout des cellules d'avions et des réacteurs qui devraient voler à 3 000 km/h.
Le lecteur de l'époque peut découvrir les différents projets en cours ou ayant existé au travers d'un texte de Camille Rougeron et de quelques photos et dessins en N&B.
 
Et pour répondre à la question en haut de la couverture, les réponses sont dans l'ordre : les infections cardiaques (on ne disait pas encore affections apparemment), le cancer et l'alcoolisme, et une moyenne de vie (hommes et femmes confondus) de 63 ans.
 
Happy Collecting !

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacement1969
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