mardi 21 janvier 2025

Collection LES AVENTURIERS DU CIEL - Voyages extraordinaires d'un petit parisien dans la stratosphère, la Lune et les planètes par René-Marcel de Nizerolles / 1ère et 2ème édition


LES AVENTURIERS DU CIEL
Voyages extraordinaires d'un petit parisien
dans la stratosphère, la Lune et les planètes
Tintin le petit Parisien
René-Marcel de Nizerolles
1ère édition : 1935-1937
2ème édition : 1950-1951
Je continue la présentation de quelques magazines destinés aux plus jeunes avec une thématique spatiale.

A partir du 18 septembre 1935, tous les jeudis, va paraître Les Aventuriers du Ciel / Voyage extraordinaire d'un petit parisien dans la stratosphère, la Lune et les planètes.
Au cours de 108 numéros, jusqu'au 4 octobre 1937, le héros, Justin Blanchard dit Tintin le petit Parisien, va vivre des aventures sidérales aux coins de notre système solaire, accompagné de sa soeur Yvonne.

L'auteur est René-Marcel de Nizerolles (1884-1960), pseudonyme de Marcel Priollet
Marcel Priollet est un auteur français très prolifique qui a écrit sous son nom et sous plusieurs pseudonymes, parfois avec son frère Julien (1877-1953)  - il a plusieurs centaines de romans en tous genres (aventures, policier, SF, histoire, sentimental, etc.) publiés à partir des années 1910 (plus de 350 ont été répertoriés à ce jour).

Marcel Priollet est une des figures marquantes du romain populaire à feuilleton français et du Roman de gare, très à la mode dès le 19ème siècle. Chaque épisode correspondait à une histoire complète, et donc à un numéro/fascicule dédié.

Il a créé un style et des personnes (quelques peu stéréotypés) au cours de plus de 40 ans de publications, et a publié avec de très nombreux éditeurs, notamment chez Ferenczi & Fils, dont j'ai déjà parlé dans cette rubrique plusieurs fois en présentant quelques ouvrages/fascicules d'autres auteurs (comme le n° 00531 en cliquant ICI).

Quelques exemples :

- Tip Walter, Prince des détectives, entre 1910 et 1911 avec 55 numéros chez Ferenczy.
- La vie d'un aviateur, avec Jules Védrines, entre 1913 et 1914 avec 34 numéros chez Arthème Fayard.

Pour en revenir à notre sujet du jour 😉, Justin Blanchard dit Tintin le petit Parisien fait son apparition en 1933 : Les voyages aériens d'un petit Parisien à travers le monde - 100 numéros en N&B entre la mi-octobre 1933 et septembre 1935, chez Ferenczi & Fils. Une réédition très partielle en couleur a lieu en 1951.
Puis donc, Les Aventuriers du ciel, Voyages extraordinaires d'un petit Parisien dans la stratosphère, la Lune et les planètes !
Il y a en tout 108 épisodes, publiés sous forme de fascicule de septembre 1935 à octobre 1937, nous allons suivre les aventures de Justin Blanchard dit Tintin le petit Parisien - surnom du prénom (Justin=Tintin), les prénoms en ''tin'' étant très en vogue à l'époque de la sortie des premières aventures de ce Tintin en 1911 (Voyages aériens d'un petit Parisien dans le Monde : 111 numéros entre 1911 et 1913)  !

L'histoire

Je vous résume succinctement, pas les 1 700 pages, hein 😁mais attention, il faut suivre !

Tintin, à bord de la fusée Le Bolide, qui est propulsée par deux réacteurs à gaz d'hydrogène atomique (!), et accompagné de l'astronome Germain Landry, du reporter anglais Timmy-Ropp (du Daily Mail), du Professeur Saint-Marc, et du Capitaine Rhineff (un agent secret de de l'armée de la République de Weimer = nous sommes en 1935) s'envolent vers la Lune, puis Mars, et au-delà... De multiples aventures avec des peuples et civilisations autochtones vont les y attendre.
Dans le même temps, Yvonne, soeur de Tintin a aidé Germain Mandry à réunir des capitaux pour la construction d'un second Le Bolide. Elle va partir à la recherche de son frère et de ses compagnons de voyage, et elle sera accompagnée de l'aviateur Roland Davoz, de l'explorateur Lonvalet et du jeune Jean de Requirec.

Et nous suivons donc en parallèle les aventures de Tintin et de sa soeur. Nous avons donc deux aventures entremêlées avec deux équipages et deux vaisseaux spatiaux.

Le Bolide

On pourrait même dire Le Bolide 1 (utilisée par Tintin) et Le Bolide 2 (utilisée par Yvonne). Ce sont deux fusées identique propulsées par des réacteurs à gaz d'hydrogène atomique - il se pose grâce à un gros parachute (voir couverture du n° 73).
La fusée est représentée en couverture des n° 1, 12, 19, 26, 38, 39, 58, 59, 61, 67, 80, 99, 102, 105, 107 et à l'intérieur des n° 3, 35, 51, 52, 55, 59, 60, 61, 62, 68, 107.

Dans le n° 2 de la réédition de 1950 (Allo ? ... Ici, la Lune !), on trouve une très jolie vue de celle-ci avec beaucoup de détails (dessinée encore par Raymond Houy).
On la retrouve aussi dans la bande dessinée adaptée en 1955 (voir plus bas).
Toujours est-il que les fascicules paraîtront tous les mercredis mais parfois le mardi), avec 16 pages, et pour un prix commençant à 35 centimes à sa parution, puis passant à 40c en juillet 1936, puis terminant à 50c à partir de février 1937.
Tous les numéros sont en N&B et c'est le génialissime Raymond Houy (né en 1889) qui a dessiné les 108 sublimes couvertures et les 108 illustrations de chacun de ces numéros - il y avait une pleine page illustré à chaque épisode. Raymond Houy est un de nos plus illustres illustrateurs français, et il a dessiné les couvertures (principalement SF) de centaines d'ouvrages, magazines des années 1910 à 1950. Il a beaucoup travaillé chez les éditions Ferenczy & Fils et a illustré quasiment toutes couvertures et numéros de Tintin le petit Parisien.

Deux suppléments/encarts ont été offerts en cadeau (annoncés comme Prime) aux lecteurs. On peut encore les trouver dans les numéros à l'unité, beaucoup plus rarement dans les reliures. 

- le n° 6 avec une maquette de la fusée Le Bolide
- le n° 12 avec le Cosmorallye, un jeu de plateau à dés au travers des aventures.
Trouver les 108 numéros individuels de ces aventures est chose quasi impossible de nos jours (ce serait ''une chasse très longue'' et ce serait extrêmement onéreux).
Mais il este une solution : la reliure avec la collection complète, éditée spécialement par Ferenczi & Fils en 1938. Un peu moins onéreuse qu'une collection à la pièce (quoiqu'en superbe état, c'est une autre histoire), et surtout ne nécessitant pas une recherche longue numéro par numéro, c'est cette reliure avec les 108 numéros en un seul volume (et 1 728 pages ! ce n'est pas tous les jours qu'on a un livre de tant de pages à la maison 😉).
Cette reliure est en carton entoilée rouge très richement illustrée et en relief sur le premier plat (couverture) avec une reprise de la couverture du n° 1. Le dernier plat est illustré par un petit portrait de Tintin le petit Parisien.
La tranche est aussi  illustrée.

Les reliures en bonne état (ou correcte comme celle présentée) et complète sont difficiles à trouver et sont une excellente alternative à la recherche par numéros. De plus, cela permet surtout de les conserver bien mieux et bien plus facilement qu'à l'unité (le papier de ces années-là est compliqué à garder à l'abri).
Entre 1950 et 1951, une tentative de réédition est faite sous forme de fascicule de 32 pages (2 numéros à la fois, les 1er et les 15 du mois) avec des couvertures en couleur (très colorées, très attrayantes et toujours dessinées par Raymond Houy) - Seuls 26 numéros paraissent entre entre janvier 1950 et janvier 1951. Parution les 1er et 15 de chaque mois.

Il arrive que certains textes aient été remaniés (je n'ai pas tout lu, et je n'ai pas les 26 numéros pour tout comparer), certains titres de la 1ère édition sont repris mais la plupart sont nouveaux. Pareil pour les couvertures. (la couverture du n° 20 est une adaptation de la pleine page du n° 44 / la couverture du n° 25 est celle du n° 57)).
Voir quelques exemples en toute bas de cet article.
Au début de l'année 1955, une adaptation en bandes dessinées est éditée dans la reprise de  l'hebdomadaire L'intrépide par le dessinateur René Giffey (1884-1965). La parution va durer jusqu'à courant 1956 (du n° 275 au 352).
Il existe un retirage limité à 250 ex de cette BD en noir & blanc, et publié en 1998.

Ici, la 1ère planche publiée (L'intrépide n° 275 du 1er trimestre 1955) avec le presque début du chapitre 2 du n° 1 originel.
René Giffey va dessiner une soixante de planches avant une reprise par un dessinateur inconnu.

Les 108 numéros

Le n° 1 a été distribué gratuitement.

n° 1 : Le mystère de l'Observatoire de Paris (septembre 1935)

n° 2 : Où sont-il ?.. (septembre 1935)

n° 3 : Les surprises de la stratosphère (octobre 1935)

n° 4 : Allo ? ... Ici, la Lune ... (octobre 1935)

n° 5 : Le trésor des Pharaons (octobre 1935)

n° 6 : L'arrivée chez les Martiens (octobre 1935)

n° 7 : Les Hommes de l'an 20.000 (octobre 1935)

n° 8 : Le secret de la Pyramide (novembre 1935)

n° 9 : A l'assaut de la Terre (novembre 1935)

n° 10 : La Révolte des Automates (novembre 1935)

n° 11 : Le pays des sorciers (novembre 1935)

n° 12 : Nains contre géants (décembre 1935)

n° 13 : L'île aux surprises (décembre 1935)

n° 14 : Le réveil des momies (décembre 1935)

n° 15 : Le bateau magique (décembre 1935)

n° 16 : Au service de l'ennemi (décembre 1935)

n° 17 : Gavroche et dicteur (janvier 1936)

n° 18 : L'énigme de la planète rouge (janvier 1936)

n° 19 : Tragique erreur (janvier 1936)

n° 20 : Les montagnes à roulettes (janvier 1936)

n° 21 : Hercule, Minerve... et compagnie (février 1936)

n° 22 : Le cratère volant (février 1936)

n° 23 : Gangsters en uniformes (février 1936)

n° 24 : Aux prises avec les cyclopes (février 1936)

n° 25 : Le corsaire aérien (mars 1936)

n° 26 : En montgolfière... (mars 1936)

n° 27 : L'homme sans nom (mars 1936)

n° 28 : Les planètes bombardées (mars 1936)

n° 29 : Le puits enchanté (avril 1936)

n° 30 : La forêt qui parle (avril 1936)

n° 31 : Coups de théâtre... (avril 1936)

n° 32 : Prisonnier d'un arbre (avril 1936)

n° 33 : Chasse à l'homme (avril 1936)

n° 34 : Le dénicheur d'arcs-en-ciel (mai 1936)

n° 35 : Voyages aux enfers (mai 1936)

n° 36 : Un passager escamoté (mai 1936)

n° 37 : Fatale bourrasque (mai 1936)

n° 38 : Le piège tendu ! (juin 1936)

n° 39 : Le tour du monde en 80 minutes (juin 1936)

n° 40 : Le chercheur d'images (juin 1936)

n° 41 : Le Roi solitaire (juin 1936)

n° 42 : La véridique histoire de ''Barbe-bleue'' (juillet 1936)

n° 43 : Les ''kidnappers'' de Paris (juillet 1936)

n° 44 : La galerie des phénomènes (juillet 1936)

n° 45 : Les surprises du phonographe (juillet 1936)

n° 46 : Le ''mort-vivant'' (juillet 1936)

n° 47 : l'océan vagabond (août 1936)

n° 48 : Voyage en aérobulle (août 1936)

n° 49 : Transformées en statues ! (août 1936)

n° 50 : Les Robinsons de l'île errante (août 1936)

n° 51 : La fin du monde (septembre 1936)

n° 52 : La cible habitée (septembre 1936)

n° 53 : Sa majesté le Soleil (septembre 1936)

n° 54 : Une invention prodigieuse (septembre 1936)

n° 55 : Le passager clandestin (septembre 1936)

n° 56 : Face aux monstres (octobre 1936)

n° 57 : Les mammouths à surprise (octobre 1936)

n° 58 : ''Radio Mars'' vous parle (octobre 1936)

n° 59 : La maison  l'envers (octobre 1936)

n° 60 : Un million de dollars en fumée... (novembre 1936)

n° 61 : L'horloge humaine (novembre 1936)

n° 62 : Empreintes sur la neige (novembre 1936)

n° 63 : Le Royaume de la transparence (novembre 1936)

n° 64 : Perdu dans le ciel (décembre 1936)

n° 65 : A la conquête de l'or (décembre 1936)

n° 66 : La Guerre des fauves (décembre 1936)

n° 67 : Les Idoles profanées (décembre 1936)

n° 68 : Malheureux... n'allez pas plus loin (décembre 1936)

n° 69 : Le Piège à hommes (janvier 1937)

n° 70 : Défense de survoler ! (janvier 1937)


n° 100 : Amis... ou Ennemis ?.. (août 1937)

n° 71 : ... et le jour ne se leva pas ! (janvier 1937)

n° 72 : Un génial malfaiteur (janvier 1937)

n° 73 : Nous... dans cinq cent mille ans (janvier 1937)

n° 74 : Le singe descend de l'homme (février 1937)

n° 75 : Le triomphe de l'artificiel (février 1937)


n° 76 :  Le Soleil en bouteilles (février 1937)

n° 77 :  Prisonnier sur parole (février 1937)

n° 78 : Trahi par un cri d'enfant (mars 1937)

n° 79 : Le miracle des ''hommes-luisants'' (mars 1937)

n° 80 : Le temple sous les eaux (mars 1937)

n° 81 : Un duel à mort (mars 1937)

n° 82 : Une nuit mouvementée (avril 1937)

n° 83 : Les ombres vivantes (avril 1937)

n° 84 : Le pays des sept couleurs (avril 1937)

n° 85 : La catapulte (avril 1937)

n° 86 : Les cavaliers sans montures (mai 1937)

n° 87 : La princesse de verre (mai 1937)

n° 88 : Un redoutable voisinage (mai 1937)

n° 89 : Galériennes et bagnardes (mai 1937)

n° 90 : Une tentative désespérée (juin 1937)

n° 91 : Héros malgré lui ! (juin 1937)

n° 92 : Un pays de cocagne (juin 1937)

n° 93 : L'ermite du désert (juin 1937)

n° 94 : La roche infernale (juin 1937)

n° 95 : ''Justice est faite !'' (juillet 1937)

n° 96 : Le marché aux esclaves (juillet 1937)

n° 97 : Retour aux âges préhistoriques (juillet 1937)

n° 98 : Cen siècles en une journée (juillet 1937)

n° 99 : Une fenêtre ouverte sur l'avenir (août 1937)

n° 100 : Amis... ou ennemis ?... (août 1937)

n° 101 : La fosse aux étincelles (août 1937)

n° 102 : Trahir... ou mourir ! (août 1937)

n° 103 : Un mal qui répand la terreur (août 1937)

n° 104 : Le coeur électrique (septembre 1937)

n° 105 : Un + un = ... un (septembre 1937)

n° 106 : L'orgie au clair des lunes (septembre 1937)

n° 107 : Disparus ! (septembre 1937)

n° 108 : Les Triomphateurs (octobre 1937)

Quelques exemples de la 2ème édition. Le dernier nuéro, le n° 26 de janvier 1951, reprend le titre et la couverture du n° 59 d'octobre 1936 (La maison à l'envers).
Happy Collecting !

PS : les photos sont volontairement très peu exploitables, car j'en ai un peu marre qu'on me pique mon travail sans me demander.
Crédit ; Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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dimanche 12 janvier 2025

S.N.C.A.S.O. SO-9000 Trident - petite monographie au travers de quelques objets de collection

 (en cours de publication)

SO-9000 TRIDENT
Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Sud-Ouest
Voici un avion qui m'a ''fasciné'' quand j'étais gamin - et aujourd'hui encore, je le trouve fascinant. A chacune des visites au Musée de l'Air et de l'Espace, il FAUT que j'aille le voir !

Et depuis tout petit, je mettais de côté tout ce que je pouvais trouver sur le Trident.
Je me suis dit qu'il était temps que je fasse une petite et modeste monographie, non exhaustive, de cet appareil mythique au travers de quelques objets de collection (vous commencez à en avoir l'habitude 😊).

Le SO.9000 Trident est d’abord un avion prototype français développé par la SNCASO. Son concepteur était Lucien Servanty, chef de l'atelier de Courbevoie de la SNCASO.

La SNCASO est fondée le 16 novembre 1936 après les Nationalisations de 1936. Son siège est alors au 15 quai Paul Doumer à Courbevoie - ville de mon enfance.
Parmi les administrateurs, il y avait Marcel Bloch, alors patron des usines Marcel Bloch elles aussi à Courbevoie - l'état envisage d'ailleurs sérieusement d'exproprier Marcel Bloch pour que les usines soient laissées à la SNCASO.
Peu de temps après, son siège est transféré à Paris.

En 1937, la SNCA absorbe les usines Blériot de Suresnes.

Après la guerre, les usines SNCASO de Courbevoie deviennent le plus important bureau d’études et d’essais aéronautiques de France.
 
En 1957 la SNCASO est intégrée à Sud-Aviation qui est en 1970 à la SNIAS puis Aérospatiale en 1984.

SO.9000 Trident I
 
À la demande de l'Armée de l'Air qui s'intéressait à un intercepteur supersonique, la SNCASO étudie en 1951 le concept d'un avion dont le propulseur principal était un moteur fusée, associé à un (ou des) réacteurs auxiliaires, servant surtout pour le décollage afin d'économiser le carburant du moteur fusée.

Pour atteindre de très hautes vitesses, le statoréacteur était également envisagé mais le financement de l'étude de ce type de motorisation allait aux prototypes Leduc.

Deux prototypes furent commandés.
 
Compte tenu des contraintes liées au domaine de vol demandé, l'avion retenu était un monoplace, la forme de voilure retenue étant une aile droite de faible envergure et à profil extrêmement mince, de plan pratiquement carré.
 
Pour obtenir la poussée suffisante, il fallait juxtaposer plusieurs chambres de combustion, pouvant être allumées séparément ou toutes ensemble.

Afin d'éviter toute dissymétrie dans la poussée, ce groupe propulsif devait être situé dans l'axe, donc dans le fuselage.
La majeure partie de celui-ci était occupée par des réservoirs de kérosène pour les réacteurs ou de propergols pour les moteurs-fusées.
Comme il n'y avait pas de place pour eux, les réacteurs furent placés en bouts d'aile.
Leurs fuseaux jouent le rôle de cloisons marginales, améliorant le rendement aérodynamique. Les réacteurs choisis étaient des Turbomeca Marboré II de 400 kgp chacun - kgp veut dire kilogramme-poids, ancienne unité de force remplacée aujourd'hui par le Newton (N).
 
L'empennage était de forme classique, mais composé de trois surfaces monoblocs entièrement mobiles, une verticale et deux horizontales, actionnées par des vérins hydrauliques.
Les surfaces horizontales étaient à l'origine dotées d'un fort dièdre négatif, pour assurer simultanément le pilotage en tangage (profondeur) et en roulis (gauchissement).
Par la suite, ce dièdre fut réduit pour permettre un cabrage de l'appareil plus accentué au décollage.
 
Le train d'atterrissage était de configuration tricycle : deux roues principales s'escamotant dans le fuselage, une roulette avant.
Il était à la fois à voie étroite et avec des jambes très courtes, offrant une faible garde au sol.
La cabine de pilotage, située tout à l'avant, du fuselage, était largable comme sur les prototypes Leduc.

Le premier vol du prototype no 1, avec les seuls réacteurs, eut lieu le 2 mars 1953 au mains de Jacques Guignard.
Le second prototype, réalisé six mois plus tard, s'écrasa lors de son premier vol le 1er septembre 1953 sur la base aérienne de Melun-Villaroche.
L'appareil avait eu du mal à décoller en raison de la faible poussée de ses réacteurs et de la température caniculaire qui sévissait ce jour-là, réduisant la portance et le rendement des réacteurs.
De fait il n'était pas assez haut quand, arrivé en fin de piste, l'appareil percuta un poteau électrique.
La cabine se détacha de l'appareil à 300 km/h et rebondit à plusieurs reprises avant de s'immobiliser, laissant son pilote Jacques Guignard gravement blessé.
 
Les essais continuent avec le prototype no 1, qui effectue le 4 septembre 1954 son premier vol avec moteur-fusée allumé. Après remplacement de ses réacteurs par des Dassault MD30-ASV5 d'une puissance presque double de 750 kgp.

Le prototype no 1 atteignit en 1955 la vitesse de Mach 1,63 et dépassa 15 000 m d'altitude. Il est arrêté de vol en décembre 1956 et exposé au Musée de l'Air et de l'Espace.

SO.9050 Trident II

À la suite des performances du SO.9000 Trident I, les services officiels commandèrent deux nouveaux prototypes en 1954 : le SO.9050 Trident II vola pour la première fois le 19 juillet 1955.
Il est équipé d'un moteur-fusée SEPR 631 doté de deux chambres et chacune pouvait être allumée séparément, afin de mieux contrôler la poussée produite.
 
Deux accidents en marquèrent la mise au point.
 
Le 6 janvier 1956, alors que Jacques Guignard effectue son second vol sur le Trident II, il tombe en panne de carburant alors qu'il est en approche finale sur la piste d'Istres. Obligé de se poser dans la Crau, l'appareil est détruit mais le pilote s'en sort sans blessure, la cabine éjectable s'étant détachée.
 
Le second accident eut des conséquences plus funestes. Le 20 mai 1957, alors que Charles Goujon répète une dernière fois le programme de démonstration du salon du Bourget, lors d'un piqué en vue d'un passage à grande vitesse l'appareil se désintègre en vol. Le pilote eut le temps de déclencher l'éjection mais fut retrouvé mort avec la colonne vertébrale brisée et le crâne fracturé.

Le 15 juin 1959 a lieu la vente générale du timbre Pilotes d'essais - Charles Goujon et Constantin Rozanoff.
Le 1er Jour a lieu le 13 juin au Bourget. Ce timbre est le premier timbre émis vraiment en corrélation avec le Salon de l'Aéronautique au Bourget (12 au 21 juin).
Ce timbre rend hommage aux pilotes d'essai au travers de Charles Goujon (1912-1957) et de Constantin ''Kostya'' Rozanoff (1905-1954), deux des plus célèbres pilotes d'essais des années 50, pionniers du vol supersonique en France, morts tous les deux lors de vols avec leurs appareils (Trident et Mystère IV).

Retrouvez mes deux biographies consacrées à ces pilotes :

Retrouvez ma monographie sur ce timbre :
 
Six appareils Trident II furent commandés en juin 1956.
Les trois premiers appareils furent livrés de mai 1957 à janvier 1958. Le prototype 06 prit l'air pour la première fois le 3 janvier 1958.
Quelques jours plus tard, le prototype 05 s'octroie le record du monde d'altitude avec 22 800 m.
Puis le 19 avril, ce fut le tour du prototype 04 de battre le record du monde de montée à 18 000 m en 3 minutes 17 secondes après le lâcher des freins.
Le même jour le prototype 05 effectua un tonneau à Mach 1,81. Le 2 mai 1958, un record mondial d'altitude fut atteint par Roger Carpentier sur le 06 avec 24 217 m.

Malgré les succès obtenus, le programme fut interrompu le 6 octobre 1958 pour des raisons budgétaires. Ce dernier jour, pour un baroud d'honneur Jean-Pierre Rozier fit monter l'appareil à une altitude de 28 000 m, record non homologué[2]. Compte tenu du coût de l'appareil et de sa spécialisation en intercepteur, la série n'eut pas de suite.

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mercredi 8 janvier 2025

APOLLO 8 - Médaillon 50 ans Eastern avec métal d'Apollo 8 ayant volé autour de la Lune et métal d'avions de la Compagnie - Frank Borman


Médaillon 50 ans Eastern 1928-1978
Métal capsule Apollo 8 et métal d'avions
En 1978, pour les 50 ans de la Compagnie américaine Eastern Air Lines (1928-1978), dont le Président est l'ancien astronaute Frank Borman, il est édité un imposant, un lourd, un beau et un massif médaillon commémoratif (certains l'appelle même presse-papier à cause de son poids) ! Et ce médaillon contient de métal ayant volé autour de la Lune lors de la mission Apollo 8.
Frank Borman est alors le PDG de la compagnie Eastern Air Lines, mais surtout était le Commandant de la mythique mission Apollo 8 qui vit le premier équipage tourner autour de la Lune en décembre 1968, ce qui explique le lien très étroit de ce médaillon avec cette mission.

Eastern Air Lines, appelée plus généralement Eastern, est née de la fusion entre Florida Airways et Pitcairn Aviation, et bien que créée en 1926, commença réellement un service aérien sous cette forme en 1928, d'où l'intitulé du médaillon : 1928 - Fifty Years of Service - 1978. Ce n'est véritablement qu'à partir de 1934 qu'on la connut sous son nom Eastern Air Lines.

Au début, c'était du transport de courrier puis cela devint vite du transport de passagers, avec une croissance énorme ! En 1937, par exemple, Eastern exploitait une ligne quotidienne entre  New York et Washington DC avec 20 vols aller-retour (soit presque une liaison toutes les heures !).

Lorsque Frank Borman arrive à la tête d'Eastern fin 1975, celle-ci est une des plus importantes compagnies américaines et dans le monde. Mais la déréglementation aérienne de 1978, l'augmentation constante du cors du pétrole, une concurrence féroce, et un fort endettement (achat nombreux d'appareils avec la croyance que le court du pétrole allait baisser), ont mis, au milieu des années 1980, la compagnie en grande difficulté. Elle est rachetée par Texas Air en 1986 (qui venait aussi de racheter Continental Airlines), ce qui précipita sa chute : Eastern Air Lines est en faillite et  cesse ses activités en janvier 1991. 

Revenons à ce médaillon 😉

D'après les indications, il est fabriqué avec du métal des nombreux appareils en service depuis sa création, 44 des 46 types exactement,  dont son plus ancien , le Pitcairn Mailwing. Et on a ajouté un morceau d'Apollo 8. Le tout a été fondu pour en faire ce médaillon. Pour être offert à une partie du personnel d'Eastern.
(petite carte de compliment explicative fournie avec la présentation du médaillon - mais souvent absente lors des ventes de celui-ci).
Le Pitcairn Mailwing (de Pitcairn Aircraft Company), avion spécialement destiné au transport du courrier, vola pour la première fois en 1927. Eastern Air Lines en utilisa 54 (sur les 106 de construits), et le dernier vola pour elle en 1937. 
(un exemplaire est exposé à Washibgton DC au NASM)
Ce Pitcairn Mailwing est finement gravé et sculpté en relief sur l'avers du médaillon. Le trajet emprunté pour le service postal et ses différentes étapes sont indiquées : New Brunswick à Miami (CAM-19 et CAM-25).
Les Whisperliners auxquels Frank Borman fait allusion dans la petite carte (voir plus haut) sont une gamme d'avions silencieux (whisperliner = murmure) utilisés par Eastern comme argument de confort pour le passager, avec l'Airbus A300B et le Lockheed L-1011 Tristar.
Il est dommage qu'il n'y ait pas plus d'informations fournies avec ce médaillon.  Bon malgré tout, avec 44 des 46 appareils utilisés par la compagnie, on peut largement supposer qu'il y a des morceaux d' modèles mythiques qui entrent dans la composition de ce médaillon. 

Le recto reprend en partie les félicitations et compliments de Frank Borman ainsi que ces explications sur la composition de ce médaillon.
Ce médaillon pèse environ 250 grammes et mesure environ 7,60 x 6,40 avec une épaisseur de 0,6 cm.

Le tirage est inconnu.
On trouve ce médaillon assez facilement (les prix peuvent varier du simple au quintuple) mais il est difficile d'en trouver un en vraiment bon ou très bon état. On le trouve plus aisément dans un petit étui blanc en carton, plus rarement dans un sac bleu type velours - et la petite carte est très souvent absente.

On peut aisément ajouter ce médaillon à l'autre médaillon spécial fait avec du métal de la capsule Apollo 8 et distribué, en 1969, en remerciement aussi à des employés et contractuels de la NASA. On en reparle dans un prochain Un Jour - Un Objet Spatial 😉
Happy Collecting !

Crédit : Collection Stéphane Sebile / spacemen1969
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mercredi 1 janvier 2025

2025 - timbre Solidarité avec Mayotte


Ce 2 janvier 2025, La Poste va émettre un timbre Solidarité avec Mayotte. D'une faciale de 2,39€ unitaire, il y aura 1,00€ reversé pour chaque timbre vendu.
C'est un timbre adapté d'après le timbre Lettre Verte de la série Marianne de l'Avenir en service depuis le 13 novembre 2023 (Marianne dessinée par Olivier Balez et gravée par Pierre Bara).

Le timbre sera vendu à l'unité ou par feuillet de 15 timbres.
(crédit : @Philaposte)
Ce n'est pas la première fois que La Poste réalise des opérations de solidarité en émettant des timbres.

La première fois, c'était en août 1917 avec la 1ère Série des Orphelins de guerre - série de 7 timbres avec une surtaxe pour chacun des timbres. Une des séries phares de toute collection de timbres de France.

Les timbres à surtaxe sont devenus assez courants, surtout pour financer des causes ''nationales : 2ème et 3ème Série Orphelins de guerre en 1922 et 1927, Croix-Rouge, Chômeurs Intellectuels, Expositions, Cancer, etc.

Il s'agissait pour la plupart du temps d'émissions de timbres spécifiques ou d'une surcharge de surtaxe apposée sur le/les timbre(s). 

25F Marianne à la nef / Catastrophe de Fréjus - 1959
Le 15 décembre 1959, après la catastrophe de Fréjus, une surcharge est apposée sur un timbre courant, sur le 25F Marianne à la nef émis le 27 juillet de la même année dessiné par André Regagnon et gravé par Jules Piel, qui a signé l'enveloppe).
Durant la seconde quinzaine de novembre, des pluies diluviennes s'abattent sur la région de Fréjus (Var). Le 2 décembre 1959, à 21h13, le barrage de Malpasset qui se trouve à proximité cède : plus de 50 millions de mètres cubes d'eau vont se déverser, formant une vague de 30 mètres de eau balayant tout sur son passage. En moins d'une demi-heure Fréjus est sous les eaux, aucun système d'alerte n'existait. Outre les dégâts considérables  dans la région, il y a 423 morts et plus de 7 000 sinistrés !

En plus de tout ce qui a été mis en place pour une Solidarité nationale, il est décidé d'utiliser un timbre surchargé par une surtaxe, ici de 5 francs, afin de faciliter l'aide aux sinistrés par le public, et le choix se porte sur le dernier timbre courant sorti, le 25F Marianne à la nef, choix un peu maladroit quand même... un bateau pour des victimes  de noyades et des sinistrés qui ont tout perdu ou presque à cause de l'eau.

420 000 exemplaires sont imprimés, les premières ventes commençant des le 11 décembre à Paris et proche banlieue (alors dans le département de la Seine).
Le 1er Jour officiel a lieu le 13 décembre, toujours à Paris, et la vente générale en France et au public à partir de 15 décembre (ici, deux enveloppes signées par le graveur Jules Piel).

Marianne rouge SVF (TVP) Solidarité Asie - Tsunami
Le 14 janvier 2005, un timbre spécial est émis suite au terrible tsunami qui a suivi le séisme du 26 décembre 2004 au large de Sumatra. D'une magnitude de 9,1 à 9,3, ce tremblement de terre, le troisième plus important jamais enregistré, entraîne à gigantesque tsunami, jusqu'à 35 mètres de hauteur, qui va frapper principalement les côtes de l'Indonésie, du Sri Lanka, du sud de l'Inde, de l'ouest de la Thaïlande, et le pourtour de l'Océan Indien. Il y aura plus de 250 000 morts et des millions de sinistrés.

La France, en plus de toutes les aides qu'elle va apportées, émet également un timbre spécifique. Il s'agira d'un usage courant, une Marianne SVF rouge (Sans Valeur Faciale qu'on appelle maintenant TVP pour Timbre à Valeur Permanente).
Au lieu d'une surcharge, on va adapter cette Marianne SVF rouge - la Marianne utilisée est issue de la série dite Marianne des Français - appelée aussi Marianne de Lamouche -  émise le 10 janvier précédent. C'est un nouveau type de Marianne (une tradition philatélique) : elle est dessinée par Thierry Lamouche et gravée par Claude Jumelet.
Cette Marianne SVF rouge correspond à la faciale 0,50€ (tarif lettre simple jusqu'à 20g pour la France). 
La surtaxe, de 0,20€ est destinée à la Croix-Rouge Française pour ses opérations humanitaires sur place.
A ce jour, le chiffre de tirage et de vente est inconnue.

Le timbre est mis en vente à Paris en avant-première le 13 janvier, puis en vente générale en France le 14 janvier.
Il était tentant de confectionner un document philatélique avec toutes les Marianne des Français SVF émises en janvier (avec les subtilités du collectionneur, issu de feuille, carnet...). Toutes les enveloppes sont signées par Thierry Lamouche et Claude Jumelet, et la première l'est aussi par Jean-Louis Debré, alors Président du Conseil Constitutionnel où se déroulait la vente anticipée. 

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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