lundi 17 août 2026

L’éclipse totale du Soleil du 11 août 1999 vue par Jean-Pierre Haigneré depuis MIR

 
L’éclipse totale du Soleil du 11 août 1999
vue par Jean-Pierre Haigneré depuis MIR
Le 11 août 1999, lors de l’éclipse totale du soleil au-dessus de la France, l’astronaute français Jean-Pierre Haigneré est à bord de la station spatiale MIR pour la mission Soyouz TM-29 Perseus – la première mission (très) longue durée dans l’espace pour un français (il décolle le 20 février et revient sur Terre le 28 août 1999 après 188 jours dans l’espace).
 
Il a pu observer cette éclipse – il a témoigné dans Le Figaro du 17 août 1999 !
 
UN DOIGT SOUILLE SUR UNE ROBE BLANCHE
 
<< Ainsi, nous avons vu ce que jamais regard d’homme n’avait encore pu contempler : ce spectacle étrange qu’est la trace laissée sur la Terre par une éclipse solaire. Prévenus de longue date, nous avions bien préparé notre affaire. Appareils photos, caméra vidéo et autres appareils numériques étaient installés à tous les hublots disponibles. Viktor, depuis le module Kvant 2, et moi dans Priroda, étions prêts à mitrailler en direction de la Terre, tandis que Sergueï dans Kristal disposait d’un appareil muni de filtres spéciaux et devait s’attaquer au Soleil. Nous nous attendions tous à un spectacle encore plus exceptionnel que celui de notre quotidien sans pour autant bien savoir ce que nous allions observer. >>
 
NOIR APPROXIMATIF
 
<< C’est Viktor qui, le premier, a annoncé le phénomène. Tout de suite après, sur ma droite, j’ai réalisé que je commençais moi aussi à apercevoir cette tâche sombre, d’un noir approximatif, aux contours mal définis, comme une immense salissure laissée sur le blanc très pur des nuages. Bien que difficile à localiser à cause de ces derniers, la trace de l’éclipse se trouvait alors quelque part sur la Manche. Elle a défilé tranquillement de droite à gauche devant le hublot, comme dans un panoramique de cinéma, sans nous laisser vraiment le temps d’analyser nos perceptions, accaparés que nous étions par les prises de vue. En moins de deux minutes, elle avait disparu en nous laissant un certain malaise. >>
 
<< Je ne saurais mieux décrire cette impression étrange qu’en disant que cette tâche paraissait incongrue, tant son absence d’esthétisme tranchait avec nos visions habituelles de la Terre. Incongrue comme la trace qu’un doigt souillé de cambouis aurait laissée sur la robe d’une jolie dame, au niveau de ses rondeurs. Une robe dessinée, disons, par Christian Lacroix, la magnifique trame des nuages ce jour-là rappelle étrangement la richesse des broderies utilisées par le maître. L’orbite suivante, 90 minutes plus tard, il était encore possible de l’apercevoir au loin, près du Pakistan, mais pour la dernière fois et avant bien longtemps. >>
Crédit : Le Figaro 
             Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes – Souvenirs d’espace

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