Depuis le mois de mars, et jusqu’au 30
décembre, se tient une magnifique exposition consacrée à L’eau sur Mars au Pavillon de l’eau
et présentée par Eau de Paris.
Cette exposition permet de s’imaginer
comment était la planète Mars il y a 4 milliards d’années alors qu’elle était
recouverte d’eau et d’essayer de comprendre pourquoi cette eau liquide a
disparu.
Le public pourra aussi découvrir et en
apprendre plus sur la mission du rover Curiosity.
Très visuelle et didactique, cette exposition
a été en partie composée par Violaine Sautter, qui travaille au CNRS et est
aussi géologue au Museum National d’Histoire Naturelle.
Elle a aussi la chance de travailler
directement sur le rover Curiosity.
Elle a animée deux conférences sur l’exposition
et Curiosity au Pavillon de l’eau il ya
quelques semaines.
De très nombreuses photos, maquettes,
objets, vidéos, expériences, animations et ateliers pédagogiques, etc … sont présentés
au public, ainsi qu’une MAGNIFIQUE et ÉNORME météorite martienne.
Les météorites martiennes sont pour l’instant
l’unique lien matériel en notre possession pouvant nous aider à répondre aux
questions que nous nous posons sur l’eau sur Mars : Qu’est donc devenue l’eau
sur Mars ? A-t-elle totalement disparu ? Sous quelle forme existe-t-elle ?
En quelle quantité ?
L’arrivée de Curiosity sur Mars en 2012
et ses récentes découvertes depuis, ont placé la problématique de l’eau sur
Mars au centre de l’actualité martienne. C’est pourquoi l’exposition y consacre
aussi une partie.
Une exposition vraiment très bien et à
ne pas rater. De plus, elle est gratuite.
Plusieurs animations et visites
commentées sont prévues d’ici la fin de l’année avec notamment un week-end
spécial le 10-11 octobre 2014.
Pavillon de l’eau (fermé le dimanche
sauf exception)
Je vous propose une petite visite de
cette exposition.
Dès l’arrivée, au rez-de-chaussée, en
place centrale, nous nous trouvons face à la superbe météorite martienne Nakhla,
présentée dans un coffre-fort qui lui sert d’encrin. Elle a été prêtée par le
Museum d’Histoire Naturelle de Paris.
On peut y voir quelques traces de
cristaux de sel et on y observe des petites fractures riches en argile rouge. Cela
prouverait l’existence passée d’eau dans le sous-sol martien car, à notre
connaissance, l’argile ne peut se former qu’en présence d’eau.
Cette météorite est la première qui a
permis de suggérer la présence d’eau dans le sous-sol de Mars dans le passé.
Le 28 juin 1911, devant témoins, près du
village de Nakhla en Egypte, une petite boule de feu dans un panache blanc
apparait dans le ciel et plusieurs puissantes explosions retentissent en
altitude. Une météorite vient de tomber (la légende parle d’une chute sur un
chein). Plusieurs fragments sont récupérés allant de 20 à 1 813 grammes.
On suppose qu’il s’agissait d’un fragment d’environ 10 kg qui a traversé notre
atmosphère.
En arrière de salle, on peut voir le lancement
de MSL et le largage et atterrissage réussis du rover Curiosity sur Mars.
Ensuite, nous découvrons à quoi pouvait
ressembler Mars lorsqu’elle était recouverte d’eau – Mars la bleue – et à quoi
elle ressemble aujourd’hui – Mars la rouge.
Jusqu’à il y a environ 3,7 milliards d’années,
l’eau coulait sur Mars et les conditions auraient pu être propices à l’éclosion
de la vie. Puis, alors que la Terre continuait son développement, Mars s’est
soudain arrêtée …
Hypothèses et explications sont données
et montrées dans l’exposition. Et pourront répondre à presque toutes vos
questions, vos interrogations.
L’envoi depuis les années 1960 de diverses
sondes et robots autour et sur Mars avaient pour but une meilleure connaissance
de la planète, de sa surface, de sa topographie, mais aussi la recherche d’une potentielle vie
passée, et donc la recherche d’eau. Car à priori, sans eau, pas de
développement d’une forme de vie possible (en état actuelle de nos
connaissances). Au début, nous avions des indices laissant penser que l’eau
existait sur Mars, aujourd’hui, nous avons des preuves.
Vous trouverez aussi dans cette exposition,
trois maquettes de rover martien en taille réelle (ou presque) :
-Sojourner, qui s’y est
posé en 1997
-Spirit, qui s’y est
posé en 2004 (avec son double Opportunity)
-Curiosity, qui y est
depuis 2012
Un espace est consacré à Curiosity et au
travail des équipes françaises sur celui-ci (de la conception à la mission en
cours), avec maquettes (dont une de l’instrument SAM = Sample Analysis at Mars),
photos, vidéos, etc …
Il y a exactement 30 ans, ce 30 août
1984, la navette spatiale Discovery s’élançait dans le ciel de Floride pour la
mission STS-41D.
À bord se trouvent six astronautes :
-Hank
Hartsfield,
Commandant (2ème vol) / il nous a quitté ce mois de juillet
-Michael
Coats,
Pilote (1er vol)
-Judy Resnik, Mission Specialist (1er vol)
-Mike Mullane, Mission Specialist (1er vol)
-Steven Hawley, Mission Specialist (1er vol)
-Charlie
Walker,
Payload Specialist (1er vol) 1er astronaute privé, travaillant pour
McDonnell Douglas
Le vol inaugural de Discovery devait
avoir lieu le 25 juin, mais suite à un problème technique, celui-ci fut reporté
au lendemain 26 juin.
A T-6 secondes, alors que les moteurs
sont déjà mis à feu, l’ordinateur de bord détecte une anomalie et procède à l’extinction
d’urgence et totale (shutdown) des moteurs, annulant le lancement.
L’équipage procède à une évacuation d’urgence,
sous les trombes d’eau du dispositif d’extinction.
Il est décidé que Discovery retourne au
VAB pour une inspection qui révèle un défaut dans un des moteurs principaux
(MSE). Il sera procédé au changement complet de ce moteur.
Le 30 août, finalement, après un autre
arrêt de compte à rebours causé par l’intrusion d’un avion de tourisme dans l’aire
de sécurité, Discovery décolle à sa 4ème tentative.
(Enveloppe signée par le pilote de la mission Michael Coats)
La mission peut commencer et elle sera ‘’chargée’’.
En effet, l’équipage va déployer 3 satellites de télécommunications et une
expérience dans l’espace :
-Syncom
IV-2/Leasat 2 :
Satellite de communication qui est le premier satellite conçu spécialement pour
être envoyé dans l’espace depuis une navette spatiale.
-Telstar
3 :
Satellite de communication
-SBS-4 :
Satellite de communication dont le système d’aide au largage et propulsion, PAM-D (Payload Assist Module) a été
conçu par McDonnell Douglas. C’est une des raisons de la présence de Charlie
Walker à bord de Discovery.
(Carte signée par le commandant de la mission Hank Hartsfield)
-OAST-1
solar array,
qui est une structure permettant de tester plusieurs types de cellules photovoltaïques,
ainsi que de tester des structures rétractables dans le vide spatial. Au moment
de cette mission, OAST-1 était la plus grande structure déployée dans l’espace
depuis un vaisseau spatial : 32 mètres de haut pour 4 mètres de long et 18
centimètres d’épaisseur.
Outre le système PAM, Charlie Walker
travailla sur d’autres expériences de McDonnell-Douglas, comme le CFES
(Continuous Flow Electrophoresis System)
qui consistait à étudier le comportement de cellules vivantes dans lesquelles
on faisait passer un courant électrique continu.
Plusieurs autres expériences ont été
faites à bord, avec notamment l’usage de Clouds, qui étaient deux caméras à 250 niveaux
d’exposition, et aussi une caméra IMAX.
Après 6 jours et 56 minutes d’une mission
très dense, ainsi que de nombreux problèmes ''annexes'' (cheveux de Resnik emmêlés dans la caméra IMAX, problème d'évacuation des des toileetes qui les boucha avec de l'urine gelée), Discovery revient sur Terre et se pose le 5 septembre sur la Base d’Edwards.
Discovery est aujourd'hui la plus ancienne des navettes spatiales (Challenger et Columbia ayant été détruites en mission). Elle est exposée à l'Udvar-Hazy du NASM à chantilly près de Washington DC. Elle est aussi celle qui a fait le plus de missions avec 39 vols (dernier STS-133 en 2011).
Pour la petite histoire, l'anecdote, l'équipage sera surnommé de façon informel le ''Zoo Crew''. Il y avait 2 Mike à bord (Coats et Mullane), et pour éviter la confusion, Judy Resnik décida de leur donner un surnom : Mike Coats reçut celui de Superman et Mike Mullane reçut celui de Tarzan, après un court voyage de celui-ci aux Seychelles avec Steven Hawkey en 1980-81 lors de la préparation du 1er vol de Columbia (STS-1). En effet, les deux hommes étaient partis en visite sur place de la station de poursuite (tracking station) quand ils rencontrèrent sur place l'actrice Bo Derek et son mari John venus en repérage pour le film Tarzan que celui-ci s'apprêtait à tourner (sorti à l'été 1981). Elle avait aussi surnommé Hawley par Cheetah, mais ça a moyennement plu à ce dernier, donc elle arrêta.
De plus, le Commandant de la mission Hank Hartsfield était surnommé Zeke, diminutif de gardien de zoo, c'était le Commandant d'un équipage de bleus. (et non officiellement surnommée ainsi, Judy Resnik pouvait être la Jane).
Et l'équipe au sol chargée de l'entraînement continua avec le zoo (et dans une moindre mesure Cheetah) en déposant des bananes à bord du simulateur, et en spécifiant : << c'est pour votre motivation- si vous travaillez bien, vous pourrez en avoir une >>
Voir le reportage sur l'arrivée de Discovery au musée :