vendredi 11 août 2023

La saga des sondes Luna à travers la philatélie et autres objets de collection


Avec le lancement réussi de la sonde russe Luna 25 vers la Lune (10 août en UTC et 11 août heure Moscou), c'est le moment de faire une petite rétrospective de ce programme. Cela faisait 47 ans que les russes n'avaient plus envoyé envoyer une sonde vers la Lune, depuis Luna 24.

Cette mission est ambitieuse - il se s'agit pas de retourner ''simplement'' sur la Lune, mais aussi de s'y poser pour Luna-25 dans le pôle sud où les conditions sont extrêmes : 120° C en journée et - 270° C la nuit.
La sonde se compose en deux parties : la partie supérieure va conduire la sonde jusqu'à la Lune et la partie inférieure, l'atterrisseur va s'y poser. Celui-ci est ''costaud'' et comprend un générateur thermoélectrique radio-isotopique (RTG) au plutonium pour réchauffer les instruments qu feront des prélèvements et analyse in situ du site choisi pour l'atterrissage : trois zones d'atterrissages ont été définies avec la zone principale sous le cratère Bogoulavshy, et deux zones secondaires (ou de réserve) située, pour la première au sud-ouest du cratère Manzini, et pour la secnde, au sud-ouest du cratère de Pentland.
(crédit : Roscosmos)
Je ne vais pas décrire la sonde ni tous ses instruments de recueillement et d'analyse du sol lunaire (des articles bien plus spécialisés le feront bien mieux que moi).

La Lune, et son programme Luna (ou Lunik) a été ''une obsession soviétique au début de l'ére spatiale russe et dans sa course à l'espace avec son grand rival, les Etats-Unis.

Pour le plaisir, ce petit récapitulatif, non exhaustif, de la saga Luna jusqu'à aujourd'hui 😉

Le programme Luna débute en 1959 avec Luna 1 et termine, une première fois en 1976 en Luna 24, et donc de reprendre 2023 avec Luna 25. Je ne vais pas rentrer dans des considérations ''géopolitiques, stratégiques, et de propagande'' même si c'est ce qu'est cette dernière mission.

Rétrospective Luna 1 à Luna 25
(non exhaustive bien sûr, et pour se faire plaisir😉)

Edit (15 août 2023) : un grand merci à l'ami Christian Lardier pour les précisions apportées qui m'ont permis de corriger des erreurs et inexactitudes dans cet article - encore merci 😉

Lors de l'exposition Lune qui s'est déroulé d'avril à juillet 2019, de véritables échantillons lunaires ramenées sur Terre par les sonde Luna 16 et Luna 20 ont été exposés pour la première fois au public.
Mon article de l'époque :
- 2 janvier 1959 : Luna 1 - première sonde vers la Lune - devait s'écraser mais rata la Lune
- 13 septembre 1959 : Luna 2 - s'écrase sur la Lune le 14 septembre 1959

- 4 octobre 1959 : Luna 3 - premières photos de la face cachée de la Lune

Mon article sur l'étiquette de fromage L'UNIK

(Bulgarie 1989 - Commémoration 25 ans Luna 1, Luna 2, Luna 3)
(Afghanistan 1984 - Commémoration 25 ans de Luna)
(URSS 1984 - Commémoration 25 ans)

(Cambodge 1984 - Commémoration 25 ans)

Les soviétiques, par tradition, ne parlaient pas des échecs et ne les baptisaient donc pas. On sait qu'il y a plusieurs tentatives entre 1959 et 1962..

- 2 avril 1963 : Luna 4 - devait certainement s'y poser mais rate la Lune
- 9 mai 1965 : Luna 5 - tentative d'atterrissage mais s'écrase
- 8 juin 1965 : Luna 6 - devait se poser mais rate la Lune
- 4 octobre 1965 : Luna 7 - devait se poser mais s'écrasa
- 3 décembre 1965 : Luna 8 - devait se poser et s'écrase
- 31 janvier 1966 : Luna 9 - devient la première sonde au monde à se poser sur la Lune le 3 février.
Une magnifique copie se trouve au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget dans le hall Espace.

- 3 avril 1966 : Luna 10 - mise en orbite lunaire réussie
(Carte postale avec oeuvre d'A. Sokolov)


- 24 août 1966 : Luna 11 - mise en orbite lunaire réussie
- 22 octobre 1966 : Luna 12 - mise en orbite lunaire réussie
- 21 décembre 1966 : Luna 13 - se pose le 24 décembre 1966
- 7 avril 1968 : Luna 14 - mise en orbite lunaire réussie
- 13 juillet 1969 : Lune 15 - s'écrase sur la Lune le 21 juillet
- 12 septembre 1970 : Luna 16 - atterrit sur la Lune, et la sonde fore le sol lunaire et prélève environ 100 grammes de matériaux lunaires qui sont ramené sur Terre. C'est le 1er retour automatique d'échantillons lunaires.

- 10 novembre 1970 : Luna 17 - atterrit sur la Lune,  et le rover Lunakhod fait plusieurs mesures du sol lunaire et de sa composition.
- 2 septembre 1971 : Luna 18 - orbite lunaire réussie et s'écrase
- 28 septembre 1971 : Luna 19 - orbite lunaire réussie
- 14 février 1972 : Luna 20 -  atterrit sur la Lune, prélève environ 55 grammes de matériaux lunaires qui sont ramené sur Terre. 

- 8 janvier 1973 : Luna 21 - se pose sur la Lune et déploie le rover Lunakhod
- 29 mai 1974 - Luna 22 - orbite lunaire réussie
- 28 octobre 1974 - Luna 23 - s'écrase sur la Lune
- 9 août 1976 : Luna 24 - se pose le 18 août et ramène sur Terre 170 grammes d'échantillons lunaires.
11 août 2023 : Luna 25 -  

EDIT :

Echec

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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vendredi 4 août 2023

Un Jour - Un Objet Spatial n° 00604 (reprise du n° 00018 - mise à jour) / The Space Shuttle Operator's Manual signé par les astronautes


Un Jour - Un Objet Spatial n° 00604
(reprise et mise à jour du n° 00018 de juin 2018)
The Space Shuttle Operator's Manual
dédicacé et signé par le dessinateur Pierre-Emmanuel Paulis
et plus d'une quarantaine d'astronautes
Edit : je me permets une grosse mise à jour car mon manuel s'est rempli depuis la première publication de cet article en juin 2018 - et je vous le remets en intégralité ici pour éviter des va-et-vient sur différents sites.

En octobre 1982, sort un livre bien sympathique intitulé :

The Space Shuttle Operator's Manual

Ce livre est écrit par Kerry Mark Joel et Gregory P. Kennedy, avec David Larkin comme designer/illustrateur.

Il a déjà ravi des milliers de fans de la navette spatiale et il va ravir ceux qui ne le connaissent pas.

C'était, ""en gros", le ''livre de chevet'' des candidats-astronautes puisqu'à l'intérieur des 160 pages, le lecteur (l'astronaute) y trouvera un manuel quasi-complet des systèmes de bord de la navette spatiales, avec des centaines de diagrammes, dessins, tableaux et ce nombreuses pages triples recto-verso.
C'est vraiment ''(le) un manuel'' de formation d'astronaute pour utiliser la navette.

Un livre absolument fantastique que tout passionné de la navette spatiale (mais pas que) se doit de posséder.

Il existe plusieurs tirages de la version de 1982 ainsi qu'une version révisée datant de février 1988.

Editeur : Ballantines Books
Pages : 160
ISBN (pour l'édition de 1988) : 9780345341815
J'en possède plusieurs exemplaires, et je me suis ''amusé'' à faire signer, sur un de mes exemplaires, des astronautes ayant volé à bord de la navette. Toutes les signatures obtenues l'ont été en mains propres, autant dire ce manuel à beaucoup voyagé😉😉😉

Mais je n'ai pas pris n'importe quel exemplaire - à part qu'il s'agit de la première édition d'octobre 1982, c'était surtout l'exemplaire de Fred H. Greenwood, le ''papa'' des combinaisons EMU (Extravehicular Mobility Unit) chez Hamilton Standard, le fabricant des fameuses combinaisons blanches de sorties dans l'espace utilisées lors du programme navette spatiale (et encore utilisées aujourd'hui sur l'ISS). J'avais acheté il y a quelques années une partie de ses archives et de sa bibliothèque. Il y a une étiquette à son nom et adresse sur la couverture intérieure.
Et pour la première page, j'ai demandé à mon ami Pierre-Emmanuel Paulis, le papa de Tania (dont je vous parle de temps en temps) de me l'illustrer - ce qui en fait maintenant un exemplaire ''unique'' !
C'est l'astronaute Michel Tognini qui a commencé en le signant le 12 avril 2012 lors d'une Yuri's Night que nous avions organisée à Paris en sa compagnie. Depuis, beaucoup d'autres ont suivi (une photo de 2018 quand j'ai écrit l'article originel et une autre d'aujourd'hui 😉
Mon manuel est donc dédicacé et signé par :

- Pierre-Emmanuel Paulis, dessinateur, le papa de Tania

- Jean-Loup Chrétien (3 vols dont STS-86)
- Patrick Baudry (1 vol : STS-51G)
- Michel Tognini (2 vols dont STS-93)
- Jean-François Clervoy (3 vols : STS-66 / STS-84 / STS-103)
- Jean-Jacques Favier (1 vol : STS-78)
- Philippe Perrin ( vol : STS-111)
- Léopold Eyharts (2 vols dont STS-122)

- Serguei Krikalev (6 vols dont STS-60 et STS-88)
- Franco Malerba (1 vol : STS-46)
- Soichi Noguchi (3 vols dont STS-114)
- Thomas Reiter (2 vols dont STS-121)
- Vladimir Titov (4 vols dont STS-63 et STS-86)

- Joe Allen (2 vols : STS-5 et STS-51A)
- Charles Bolden (4 vols : STS-61C / 31 / 45 / 60)
- Curt Brown (6 vols : STS-47 / 66 / 77 / 85 / 95 / 103)
- Jay Buckey (1 vol : STS-90)
- Franklin Chang-Diaz (7 vols : STS-61C / 34 / 46 / 60 / 75 / 91 / 111)
- Michael Coats (4 vols : STS-41D / 29 / 39)
- Ken Cockrell (5 vols : STS-56 / 69 / 80 / 98 / 111)
- Eileen Collins (4 vols : STS-63 / 84 / 93 / 114)
- Franck Culberston (3 vols dont STS-38 / 51 et Expedition 3 avec STS-105/108)
- Brian Duffy (4 vols : STS-45 / 57 / 72 / 92)
- Bonnie Dunbar (5 vols : STS-61A / 32 / 50 / 71 / 89)
- Christopher Ferguson (3 vols : STS-115 / 126 / 135)
- Fred Gregory (3 vols : STS-51B / 33 / 44)
- Scott Horowitz (4 vols : STS-75 / 82 / 101 / 105)
- Mae Jemison (1 vol : STS-47)
- Tom Jones (4 vols : STS-59 / 68 / 80 / 98)
- Janet Kavandi (3 vols : STS-91 / 99 / 104)
- Scott Kelly (4 vols dont STS-103 et STS-118)
- Tim Kopra (2 vols dont Expedition 20 avec STS-127/128)
- Steven Lindsey (5 vols : STS-87 / 95 / 104 / 121 / 133)
- Michael Lopez-Alegria (5 vols dont STS-73 / 9 / 113)
- Ed Lu (3 vols dont STS-84 et STS-106)
- Pamela Melroy (3 vols : STS-92 / 112 / 120)
- Leland Melvin (2 vols : STS-122 et STS-129)
- Steven Oswald (3 vols : STS-42 / 56 / 67)
- William Readdy (3 vols : STS-42 / 51 / 79)
- Ken Reightler (2 vols : STS-48 et STS-60)
- Paul Richards (1 vol : STS-102)
- Piers Sellers (3 vols : STS-112 / 121 / 132)
- Nicole Stott (2 vols : Expedition 21 avec STS-128/129 et STS-133)
- Kathy Thornton (4 vols : STS-33 / 49 / 61 / 73)

and counting...😉

Chose amusante : tous les astronautes présents ont au moins rencontré un de leurs homologues au cours de leurs vols... sauf Bonnie Dunbar, qui malgré ses 5 vols, n'a volé avec aucuns des astronautes présents sur ce manuel.

Mon conseil si vous décidez de vous faire un document ''multi-signé'', c'est d'essayer de photographier (par vous ou un ami) le plus souvent possible, quand c'est possible la personne en train de signer le document un tant soit peu visible. Vous y gagnerez en authenticité et en historique.

N'hésitez pas à photographier ou à scanner la progression de votre document.

Ici, pour ce manuel, quelques exemples avec Eileen Collins, Kathryn Thornton, Joe Allen, Ken Reightler, Bill Readdy...😉
Happy Collecting !

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mercredi 2 août 2023

Un Jour - Un Objet Spatial n° 00603 (reprise du n° 00067) / Enveloppe URSS Exposition Luraba 1981

 
Un Jour - Un Objet Spatial n° 00603
(reprise du n° 00067 du 2 août 2018)
Enveloppe URSS Exposition Luraba 1981
Quand l'URSS ''glorifie'' la navette spatiale américaine
Voici un document étonnant !

Du 20 au 29 mas 1981 s'est tenue une Exposition Internationale de Philatélie à Luverne en Suisse. Elle avait pour nom : Luraba 81.

Elle avait pour thématique principale l'aviation (aérophilatélie) et la conquête spatiale (astrophilatélie).

Traditionnellement, un logo spécial est conçu pour ce genre d'exposition, et pour Luraba 81, c'est la navette spatiale Columbia qui est représentée en train de décoller. Nous sommes à quelques jours avant le décollage tant attendu de l'avion spatial américain.
Le logo est conçu en 1980 et s'est inspiré d'un dessin d'artiste publié par la NASA dans les années 1970, alors en plein développement du programme navette spatiale.

La Suisse a elle-même conçu un document spécial avec un entier postal sous la forme d'une superbe carte postale avec un dessin de Robert T. McCall.
Et traditionnellement aussi, les pays participants de ces expositions émettent aussi un timbre ou une série de timbres en commémoration de ces expos. Et certains pays ont repris le logo dans leurs élission, comme la Hongrie par exemple.
L'URSS n'a pas failli à la tradition et décide d'émettre un entier postal illustré par... ce même logo !
Oui, oui, vous avez bien lu et vu... l'URSS a émis un document philatélique vantant le programme de la navette spatiale américaine ! Et l'entier postal a été émis dès le mois d'octobre 1980 !

Il s'agit d'une erreur (bourde) qui, à l'époque, est passée presque inaperçue... Mais les entiers postaux ayant été vendus plusieurs semaines avant l'exposition et à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, il était trop tard pour que les autorités soviétiques (à l'époque) puissent modifier leur gaffe.
A l'époque, quelques journaux philatéliques avaient signalé l'étrangeté de cet entier postal, mais les russes avaient rétorqué, qu'en fait c'était pour le programme de la future Bourane (Buran). Mais personne n'a été dupe... rappelons que le premier et unique vol de Bourane a eu lieu en novembre 1988 !
Et l'organisation de l'exposition avait bien décrit le logo comme un hommage à la navette spatiale américaine !

Ce qui est intéressant dans le pli que je vous montre, c'est qu'il a voyagé normalement pour l'Ouest en février 1981, vers la France (je recherche toujours un même type de pli mais ayant voyagé pour les USA 😉😉😉).

Comme quoi, vous voyez, un banal objet spatial peut en fait raconter une ''grande'' histoire 😉😉😉

Happy Collecting 

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 27 juillet 2023

Un Jour - Un Objet Spatial n° 00602 / Revue Star Ciné Cosmos - Opération FBI à Cap Canaveral - 1963

 
Un Jour - Un Objet Spatial n° 00602
Revue Star Ciné Cosmos - Roman-photo
Opération FBI à Cap Canaveral
n° 48 - 27 juillet 1963
Il y a exactement 60 ans, ce 27 juillet 1963, sortait le n° 48 de la revue Star Ciné Cosmos :
Opération FBI à Cap Canaveral.

Ce n'est pas la première fois que je parle de la revue Star Ciné Cosmos : 
- Objet n° 00472
- Objet n° 00527
- Objet n° 00562

Les débuts du roman-photo sont nés à Paris à la fin du 19ème siècle. C'était plus exactement ce qu'on peut appeler de la photolittérature, où des clichés photographiques venaient illustrer un texte.

Le ''vrai'' roman-photo tel qu'on le connaît aujourd'hui, c'est à dire un mélange entre le cinéma et la bande dessinée, est né lui en Italie en 1947 (il y aurait plusieurs ''papas''). En France, il apparaît dès 1949 dans la revue Festival, puis en 1950 dans Nous Deux. C'est un véritable succès, succès qui va perdurer jusqu'au début des années 1980. A son apogée, dans les années 60, un français sur trois lit des roman-photo.
Parmi les genres abordés, l'horreur, la SF, le fim de guerre ou militaire, l'érotisme, et plus généralement tous ce qu'on considère aujourd'hui comme des films, feuilletons, de série B (voire Z 😉) ont un franc succès.

Je ne vais pas faire l'histoire du roman-photo mais plutôt vous parler de Opération FBI à Cap Canaveral, un des nombreux roman-photo édité par la revue italienne (pour la France) Star Ciné Cosmos.

Star Ciné Cosmos est donc une revue italienne (directeur de la publication : Franco Bozzesi) et distribué pour la France par Ciné-Périodiques. Le n° 1 est publié en octobre 1961 et le magazine paraît un samedi sur deux.

Pour ceux qui connaissent un peu la période ciné du moment, nous sommes en plein films de série B (notamment de la Hammer) et de la période ''dell'orrore'' italienne. Et comme je vous disais juste au-dessus, Star Ciné Cosmos va publier sur les genres à la mode. Ce sera donc des films de série B et Z adaptés sous forme de roman-photo.

En voyant la couverture du n° 1 (dont je parlerai une autre fois), le thème Spatial/SF a été très présent au long des 86 numéros qui se sont succédés pendant les 5 années de parution de la revue (dernier numéro en mars 1965).
D'après mes recherches (bon, faut dire aussi que j'ai les 86 numéros 😃), il y a plus de la moitié des numéros qui est consacrée à ce genre Spatial/SF.

Un soin très important est consacré au visuel des couvertures - je n'ai pas toujours trouvé les artistes et je continue de chercher.

Revenons un peu à ce n° 48 publié le 27 juillet 1963, il y tout juste 60 ans.

La couverture est un montage photo (d'époque 😁).

Il s'agit de l'adaptation photo du film FBI Code 98 de la Warner Bros, de 144 minutes, sorti aux Etats-Unis en 1962. Film réalisé par Leslie H. Martinson (1915-2016) avec Jack Kelly (1927-1992), Ray Danton (1931-1992), Andrew Duggan (1923-1988), Peggy McCay (1927-2018) que l'on voit en couverture, Kathleen Crowley (1929-2017) ...
Le scénariste est Stanley Niss (1926-1969) - il est mort quelques heures après l'alunissage d'Apollo 11.

La musique a été composée par Max Steiner (1888-1971), un des plus célèbres compositeurs de musiques de films de tous les temps, n'ayons pas peur de le dire : King Kong, Autant en emporte le vent, Casablanca, Arsenic et vieilles dentelles... c'est lui... plus d'une centaines de films et téléfilms à son actif, nominé 26 fois aux Oscar dont 3 fois lauréat.
Le film a eu ''du succès'' et est sorti dans d'autre pays, dont la France en 1963 sous le nom Opération FBI à Cap Canaveral.
Mais pour être tout à fait franc, Cap Canaveral, l'espace et la fusée Redstone avec la capsule Mercury, ne sont en fait que pour attirer l'oeil, faire venir les spectateurs, et les acheteurs de la revue (d'ailleurs, la Mercury n'est que sur la revue), quand on compare plus haut les affiches américaine et française, on voit bien que le spatial n'est qu'un prétexte en France.
Je vous résume très rapidement le pitch : le Président d'une entreprise d'électronique ainsi que ses deux vice-présidents doivent se rendre à Cap Canaveral pour assister à l'essai d'un missile (et oui, pas d'une fusée) dont l'électronique de bord est fourni par ladite société. Peu avant de prendre l'avion de Washington pour la Floride, il y a un échange de valise d'un des vice-présidents qui est remplacée par une valise avec une bombe ! La bombe est découverte, et désamorcée par l'autre vice-président... (et tout cela avant d'avoir pris l'avion pour la Floride😁). Les trois hommes vont voir le FBI à Washington (où se trouve le siège) et l'enquête commence... Pour faire simple, il s'agit d'une vengeance d'un employé contre son patron qui celui-ci a licencié son fils... Voyant son plan échoué, cet homme va donc essayer de faire sauter le yacht de son patron dans lequel se trouve la femme de celui-ci... et son amant...
Le Code 98 (du titre original) fait référence à la Sécurité Nationale, qui est du rôle du FBI. Et le spatial fait partie intégrante de la Sécurité Nationale. Donc, essayer d'attenter à la vie de ces trois hommes qui travaillent pour le spatial, est donc une atteinte à la Sécurité Nationale : CQFD 😉

Vous voyez, Cap Canaveral, l'espace, et autres, ne sont que du marketing 😉

Le trailer en français (et on prononce bien Eff Bé Hi 😁) :
Comme je vous l'ai dit, le spatial n'est qu'un prétexte. Et le montage de la couverture n'est là que pour attirer l'oeil - la preuve avec cette petite affichette de cinéma en espagnol, où l'on voit très bien la scène d'où vient une partie de cette affiche.
Nous sommes à la toute fin du programme Mercury, Gordon Cooper a effectué le dernier vol du programme le 15 et 16 mai précédent. Ce qui explique le pourquoi d'une telle couverture, même si l'illustrateur (je n'ai pas trouvé qui c'était) s'est trompé, car les 4 derniers vols Mercury habités ont eu lieu avec une Atlas et non avec une Redstone comme on peut le voir sur la couverture.

Au-delà du côté anecdotique du marketing spatial, ce film montre une image assez juste de la mentalité américaine de l'époque (un monde d'hommes...) avec malgré tout une histoire d'adultère abordée différemment par rapport à ce que pouvait en montrer le cinéma à l'époque.
Mais ce qu'il faut retenir de ce film, c'est vraiment ''la première fois'' que le FBI est ''acteur'' d'un film - il y avait déjà eu des séries, comme Les Incorruptibles, où quelques films, mais là, c'est le fonctionnement interne du FBI qui était décrit. D'ailleurs, pour ce film, le FBI a autorisé les équipes de tournage à filmer au Quartier Général à Washington, ainsi que dans son centre de formation qui n'était pas encore à  Quantico.

Fort du succès de ce film, la Warner Bros décida de lancer une série : The FBI qui a été diffusé sur ABC TV entre 1965 et 1974 (avec 241 épisodes).

Voici comment ''une couverture spatiale'' m'a menée au fil du tant à faire une petite enquête et acquérir quelques pièces qui n'avaient rien de spatial 😁

La couverture au dos est assez énigmatique 😉 (je vous laisse trouver)
Les revues font partie des objets très sympas à collectionner, même si elles sont compliquées à ranger et à conserver. Et des exemplaires en bon état peuvent être relativement onéreux, tant il est difficile de les trouver en bon état de nos jours.

Happy Collecting !

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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