samedi 26 novembre 2016

25ème anniversaire de la mission STS-44


Ce 24 novembre 1991, la navette spatiale Atlantis s'envole pour sa 10ème mission. A bord se trouve six astronautes qui constituent l'équipage de la mission STS-44 :

- Frederick ''Fred'' Gregory, Commandant (4ème vol)
- Terence ''Tom'' Henricks, Pilote (1er vol)
- Story Musgrave, Mission Specialist (4ème vol)
- James Voss, Mission Specialist (1er vol)
- Mario Runco, Mission Specialist (1er vol)
- Thomas ''Tom'' Hennen, Payload Specialist (1er vol), US Army



La mission STS-44 est une mission dédiée totalement au Department of Defense (DoD) mais c'est la première mission militaire non classifiée. 

Originellement prévu pour le 19 novembre, le lancement est reporté suite au changement d'un élément de l'IUS (Initial Upper Stage) qui sera utilisé pour la mise en place d'un satellite militaire.

Thomas Hennen est un officier de l'US Army, spécialiste du renseignement par imagerie spatiale, qui a été sélectionné comme Payload Specialist afin de mettre en oeuvre l'expérience Terra Scout M88-1. Cette expérience consiste en une observation de la Terre par un analyste entraîné depuis l'orbite terrestre (en l'occurence Hennen) et de recueillir ses observations et analyses afin d'améliorer les performances d'analyses d'imagerie spatiale d'appareils militaires. Tom Hennen qui s'est longuement entraîné sur Terre à étudier des sites prédéfinis utilisera un dispositif visuel spécial appelé SpaDVOS (Spaceborne Direct-View Optical System).


Lors de cette mission, un satellite DSP (Defense Support Program) est mis en orbite géosynchrone grâce à l'IUS. Le rôle de ce satellite est la détection de lancement de missiles, la détection d'explosion nucléaire grâce à ses senseurs Infra-Rouge. Le DSP pèse 2 358 km et mesure environ 10 mètres de long pour environ 4,20 mètres de diamètre.



Plusieurs autres expériences sont menées à bord de cette mission très dense et les six astronautes rentrent sur Terre le 1er décembre fatigués après un vol de 6 jours 22 heures et 50 minutes.


Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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lundi 3 octobre 2016

25ème anniversaire de la mission Soyouz TM-13 - Austromir / 1er autrichien et 1er kazakh dans l'espace


Il y a 25 ans, ce 2 octobre 1991, s'envole la capsule Soyouz TM-13 qui part en direction de la station spatiale russe MIR avec à son bord 3 cosmonautes :

- Alexandre Volkov, Commandant (3ème vol - 44 ans)
- Toktar Aubakirov, Cosmonaute (1er vol - 46 ans) / Kazakhstan
- Franz Viehböck, Cosmonaute (1er vol - 32 ans) / Autriche


Ce vol est un peu particulier car il n'y a aucun Ingénieur de vol à bord. L'Autriche a payé le billet de Franz Viehböck pour un montant d'environ 7 millions de $ de l'époque -mission Austromir, et l'URSS (encore en place à l'époque) a offert le voyage de Toktar Aubakirov en gage des bonnes relations entre l'URSS et le Kazakhstan nouvellement indépendant. En effet, le cosmodrome de Baïkonour qui se trouvait auparavant en URSS se trouve dorénavant sur le territoire de la nouvelle république du Kazakhstan.
Viehbökh devient le premier autrichien dans l'espace et Aubakirov le premier kazakh officiel dans l'espace.
(Enveloppe commémorative signée par Franz Viehböck et sa doublure Clemens Lothaller)
(Patchs personnels de Toktar Aubakirov et de Franz Viehböck)
Après un vol de 2 jours, la capsule s'arrime au module Krystal de la station MIR. 

L'objectif principal de la mission est un échange de cosmonaute où Alexandre Volkov vient remplacer Anatoli Artsebarsky en place depuis mai avec Sergueï Krikalev (voir le sujet sur Soyouz TM-12). Alexandre Volkov et Sergueï Krikalev deviennent donc le 10ème  équipage résident de MIR.
(les deux équipages, Soyouz TM-13 et le 9ème de MIR)
(Flown Cover / enveloppe ayant voyagé dans MIR signée par les deux équipages et Lothaller)
A l'origine, Sergueï Krikalev devait aussi redescendre et être remplacé par Alexandre Kaleri. Mais avec les problèmes économiques en URSS (puis la chute de celle-ci fin 1991), ont fait qu'il y a eu une réduction des coûts, et qu'il fallait aussi préserver à tout prix les bonnes relations avec le Kazakhstan. Kaleri a donc été ''débarqué'' de la relève pour être remplacé par le kazakh Aubakirov. Et Krikalev s'est donc vu contraint de rester quelques mois de plus (il rentrera sur Terre avec Volkov le 25 mars 1992). Les médias occidentaux ont reporté que Krikalev avait été oublié dans la station MIR, ce qui est évidemment inexact, mais la légende demeure.

Si Toktar Aubakirov n'avait pas de programme spécifique pendant son vol, Franz Viehböck en avait un qui était particulièrement dense. Plusieurs expériences avec leurs matériels avaient déjà été mises en place à bord de MIR bien avant son arrivée.
Il y avait plusieurs expériences et tests concernant la circulation sanguine, la pression sanguine en apesanteur. Ainsi ques des expériences sur les muscles des bras et des jambes. Une veste spéciale ''connectée''.
Avec Audimir, Viehböck analysa la composition du sang et l'action des poumons en apesanteur par diffusion de leurs bruits dans cet appareil. il y a eu aussi Logion qui consistait en un ionomètre à métal liquide pour analyset et comprendre le rôle des ''flashovers'' qui causaient des pertes de puissance dans la station. Et d'autres expériences de communications (Datamir et du radio-amateur), etc... eurent aussi lieu.

Pour la petite histoire, après son vol, Franz Viehböck, postula aux sélections d'astronautes de 1992 et 1998 de l'ESA, et il n'a pas été retenu.

Les trois hommes, Anatoli Artsebarsky, Franz Viehbök et Toktar Aubakirov rentrent sur Terre le 10 octobre 1991 après avoir passé 144 jours 15 heures 21 minutes dans l'espace pour le premier et 7 jours 22 heures 12 minutes pour les deux autres.

(Timbre ayant voyagé dans MIR lors de cette mission)
(Couverture d'un magazine avec article arguant l'oubli de Krikalev à bord de MIR)
Crédit : Collection Spacemen1969 / Stéphane Sebile
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lundi 12 septembre 2016

50ème anniversaire de la mission Gemini 11



Ce 12 septembre 1966, les astronautes Charles ''Pete'' Conrad (Commandant et 2ème vol spatial) et Richard ''Dick'' Gordon (1er vol) décollent depuis le Pad de tir LC-19 de Cape Canaveral pour la mission Gemini 11.
(L'équipage titulaire : Richard Gordon et Charles Conrad)
(L'équipage doublure Bill Anders et Neil Armstrong avec Gemini 11)
Le logo de la mission a les couleurs bleu et jaune qui sont les couleurs de l'US Navy - Conrad et Gordon étant de l'US Navy. Les étoiles à gauche représentent le rendez-vous direct (la petite étoile jaune au-dessus de la Terre) avec Agena et l'arrimage (étoile blanche), et l'étoile à droite représente l'EVA de Gordon. L'étoile en haut du logo représente le record d'altitude (apogée) que doit atteindre Gemini 11.

Le décollage a lieu après deux reports (les 9 et 10 septembre) et environ 90 minutes après le lancement de la fusée-cible Agena (GATV-11) à laquelle doit s'arrimer Gemini 11 - c'est d'ailleurs l'objectif principal de cette mission, à savoir un arrimage direct.

94 minutes après leur décollage, les deux astronautes arriment sans difficulté leur capsule et vont pratiquer chacun une manoeuvre d'arrimage et de désarrimage.

Le 13 septembre, Richard Gordon effectue la première des deux sorties extra-véhiculaires (EVA) de prévues. Il accroche un câble entre la capsule et le nez d'Agena afin de les relier entre elles, mais malgré la mise en place d'un système de prises manuelles sur la fusée-cible, Gordon a vraiment du mal a effectuer cette opération. Il se fatiguera très vite, s'essoufflera aussi ce qui va occasionner de la buée à l'intérieur de son casque. L'EVA sera interrompue plus tôt que prévue à cause de tout cela.
(Dessin - Photo presse UPI via téléphoto montrant l'EVA de Gordon)

Après la rentrée de Gordon, Conrad fera fonctionner les moteurs d'Agena et amenera le couple GATV-11 / Gemini 11 à une altitude record de 1 360 km (mises à part les missions habitées Apollo, le record pour une capsule habitée tient toujours pour Gemini 11).

Le lendemain, Richard Gordon effectue une sortie extra-véhiculaire partielle (appelée SEVA) car il garde ses jambes à l'intérieur de la capsule. Il fera des photos de l'espace environnant ainsi que de la Terre. Puis une fois Gordon rentré, Conrad met de nouveau à feu les propulseurs d'Agena afin de redescendre à une altitude de 300 km environ. Il y a un nouveau désarrimage et arrimage. Et c'est à ce moment-là, que Conrad va mettre les deux vaisseaux en rotation (à 55° par minute) afin de créer une gravité artificielle qui va durer une minute environ.

Une douzaine d'expériences seront également menées pendant la mission.

Le 15 septembre 1966, la capsule Gemini 11 effectue un retour en phase entièrement automatique, une première pour le programme Gemini, et se pose sur l'Océan Atlantique après une mission de 2 jours 23 heures et 17 minutes dans l'espace. La capsule se pose à 2,4 km du point d'amerrissage prévu.
Les deux astronautes seront récupérés par l' USS Guam, un navire d'assault amphibie et porte-avions et hélicoptères.

La capsule Gemini 11 est de nos jours visible au California Science Center à Los Angeles.


(Médaille commémorative en bronze)

Quelques photos de presse de l'époque (tirage argentique) / Collection Spacemen1969

(Photo UPI via téléphoto / Simulation du 31 août 1966 qui va durer 3 jours)
(Photo UPI via téléphoto du 3 septembre 1966 après la simulation de mission de 3 jours)
(On voit les équipages titulaire et doublure dans la salle de contrôle à Cape Kennedy)
(Photo quasi identique mais parue en couleur)
(Photo UPI via téléphoto / Juste après l'annonce du report du 10 septembre avec un mot d'humour)
(Photo UPI via téléphoto / Richard Gordon vérifie son appareil photo)
(Photo UPI via radiophoto / Gemini 11 va toucher l'eau)
(Photo UPI via radiophoto)
(Récupération de Pete Conrad)
(Photo UPI via téléphoto / Les deux astronautes vont quitter l'USS Guam pour retourner en Floride)

Crédit et collection : NASA / Space Quotes - Souvenirs d'espace
                                  Stéphane Sebile / Spacemen1969

mardi 2 août 2016

25ème anniversaire de la mission STS-43



La quatrième tentative a été la bonne. Il y a exactement 25 ans, ce 2 août 1991, s’envolait enfin la navette spatiale  Atlantis pour la mission STS-43 avec à son bord 5 astronautes :

John Blaha, Commandant (3ème mission)
Michael ‘’Mike’’ Baker, Pilote (1er vol)
Shannon Lucid, Mission Specialist (3ème mission)
G. David Low, Mission Specialist (2ème mission)
James ‘’Jim’’ Adamson, Mission Specialist (2ème mission)


Initialement programmée pour le 23 juillet, puis au 24 juillet au 1er août, la mission STS-43 est une mission très dense – Son premier objectif est de mettre en orbite le satellite TDRS-E (qui deviendra TDRS-5 une fois en orbite) six heures à peine après le décollage.


TDRS-5 (Tracking Data and Relay Satellite) est le 4ème de cette série de satellites dont le premier a été mis sur orbite en avril 1983 par la navette Challenger lors de la mission STS-6.
Le satellite est donc déployé depuis la soute de la navette grâce au dispositif IUS (Inertial Upper Stage), dispositif-fusée de deux étages (développé par Boeing depuis 1976) qui permet au satellite de s’écarter de la navette et de se mettre sur la bonne orbite – orbite géosynchrone à 35 400 km d’altitude.


Le reste de la mission va se dérouler entre différentes expériences menées à bord :


SSBUV (Shuttle Solar Backscatter Ultraviolet) : Instrument qui va permettre de comparer les différentes mesures de la couche d’ozone déjà récoltées par les satellites du programme Tiros (comme le NOOA-9 et Nimbus-7) et aussi de calibrer les instruments de mesures de ces satellites (le premier SSBUV a été utilisé en 1989 lors de la mission STS-34).

PCG (Protein Crystal Growth) : Etude de molécules de médicaments en apesanteur pour de nouveaux traitements. Lors de ce vol, la molécule d’insuline (bovine) a été testée.

IPMP (Investigations into Polymer Membrane Processing) : Expérience sur les polymères qui effectuait son troisième vol.

BIMDA (BioServe ITA Materials Dispersion Apparatus) : Nouveau vol de cette expérience après la mission STS-37.

AMOS (Air Force Maui Optical Site) : Pas d’expérience à bord mais mise en contact avec le site à Hawaii qui a observé Atlantis depuis le sol.

SAMS (Space Acceleration Measurement System) : Etude sur les effets de l’accélération ressentie par l’équipage lors de la mission – mise en route 2 ½ après le décollage, afin d’analyser les répercussions sur de l’apesanteur sur les astronautes et les instruments de bord.

SHARE II (Space Station Heat Pipe Advanced Radiator Element II) : Expérience ayant déjà volée auparavant – Etude de tests de refroidissement pour la future (d’alors) station spatiale Freedom.

Il n’y a pas eu de soucis majeurs lors de cette mission, si ce n’est une panne du système de refroidissement d’un des trois APU, mais cela n’a eu aucune incidence sur le vol.

L’équipage revient sur Terre, à Cape Canaveral, le 11 août 1991, après un vol de 8 jours 21 heures et 21 minutes.


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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