mercredi 15 avril 2015

15 avril 2005 / Lancement Soyouz TMA-6 avec Expedition 11 / 10ème anniversaire


Au petit matin (heure locale) du 15 avril 2005, décolle depuis Baïkonour, la capsule Soyouz TMA-6 qui va emmener la relève à bord de la Station Spatiale Internationale.
Trois hommes se trouvent à bord :

- Serguei Krikalev, Commandant (6ème mission) - Russie
- John Phillips, Ingénieur de vol (2ème mission) - USA
- Roberto Vittori, Ingénieur de vol (2ème mission) - Italie/ESA


Depuis l'accident de la navette Columbia en février 2003, les équipages des missions à bord de l'ISS sont réduit à deux personnes en attendant le retour en vol des navettes spatiales, prévu en juillet 2005.

Sergueï Krikalev et John Phillips iront prendre la relève d'Expedition 10 (Salizhan Sharipov et Leroy Chiao) qui sont à bord depuis octobre 2004.
Roberto Vittori effectue une mission en profitant du 3ème siège de libre de la capsule. Ce sera pour lui la mission ''Eneides''.

Après deux jours en orbite, la capsule s'arrime à la Station Spatiale le 17 avril, et Expedition 11 est officiellement opérationnel.

Roberto Vittori revient sur Terre le 24 avril après un vol de 9 jours 21 heures 22 minutes. Il est accompagné de l'équipage d'Expedition 10 (Sharipov et Chiao), qui eux, viennent d'effectuer un vol de 192 jours 19 heures 02 minutes. Les trois hommes reviennent à bord de la capsule Soyouz TMA-5.

Sergeï Krikalev et John Phillips restent à bord et reviendront sur Terre le 11 octobre 2005 après avoir passé 179 jours 23 minutes dans l'espace. Krikalev devenant à cette occcasion, l'homme ayant séjourné le plus longtemps dans l'espace en durée cumulée, soit 803 jours 09 heures 39 minutes - record qui tient encore aujourd'hui (Padalka le battra en septembre 2015).

Durant leur mission à bord de l'ISS, l'équipage Expedition 11 aura fort à faire.

Ils accueilleront le vaisseau Progress M-53 qui s'arrimera le 19 juin. Krikalev a été obligé d'utiliser le contrôle manuel depuis la station pour le guider suite à une panne d'un système de guidage sur Terre.

Le 18 juillet, ils se séparent de l'ISS avec le Soyouz afin de le changer de port d'arrimage pour libérer le sas de sortie extra-véhiculaire du module russe.

Mais surtout, ils accueilleront la mission de la navette spatiale STS-114 avec l'arrimage de Discovery le 28 juillet. C'est le grand retour en vol des missions de la navette spatiale.
Expedition 11 photographiera et examinera Discovery sous toutes ses coutures afin de vérifier l'intégralité de celle-ci, donnant des photos incroyables (voir sur le site de la NASA).
La navette spatiale quittera l'ISS le 6 août.


Krikalev et Phillips effectueront une EVA le 18 août afin de récupérer des expériences et changer du matériel.
(John Phillips lors de son EVA)
Le 10 septembre, un nouveau Progress, M-54, s'arrime à la station.

Les deux hommes reviennent sur Terre le 11 octobre, accompagnés de Greg Olsen (touriste spatial) qui est arrivé avec Soyouz TMA-7 apportant la relève, Expedition 12 (Valery Tokarev et Bill McArthur).

Crédit : Spacemen1969 / Stéphane Sebile
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             NASA / ESA / Roskosmos





lundi 13 avril 2015

50 ans de coopération spatiale France - Inde / Emission philatélique 2015


50 ans de la coopération spatiale France-Inde

Emission d’une série philatélique commune

C’est aujourd’hui, 13 avril 2015, qu’a lieu la sortie officielle d’une émission commune philatélique France – Inde commémorant le 50ème anniversaire de la coopération spatiale entre nos deux pays.

La présentation de cette émission, s’est déroulée vendredi 10 avril en fin d’après-midi à l’Elysée en présence du Président de la République François Hollande et du Premier Ministre indien Narandra Modi qui était en visite officielle en France.
Un Premier Jour et une mise en vente anticipée a eu lieu pendant deux heures (17h00-19h30) ce même vendredi au siège du CNES à Paris.
(Crédit : AP / SS)

Il s’agit d’une émission commune de deux timbres, c'est-à-dire que les timbres émis sont identiques (ou presque) dans les deux pays, ici, l’Inde et la France.

En 1964, la France transmettait à l’Inde des licences de fusées Centaure qui sont à l’origine des lanceurs indiens. Aujourd’hui, l’ISRO (l’agence spatiale indienne) est le deuxième partenaire du CNES, la coopération privilégiant l’étude du climat et la surveillance de l’environnement.
Cette coopération est très joliment illustrée par cette émission de deux timbres représentant le satellites Megha-Tropiques, lancé en 2011, et qui est un satellite d’observation de l’atmosphère tropicale, et le satellite Saral-AltiKa, lancé en 2013, qui est lui, un satellite consacré à l’océanographie et de localisation.

Ces succès illustrent la réussite de cette coopération.


Le satellite Megha-Tropiques

Satellite franco-indien lancé le 12 octobre 2011 par un lanceur indien PLSV (PLSV-C18). 
Il est conçu pour étudier les échanges d’énergie thermique entre les océans et l’atmosphère dans la zone tropicale afin de mieux comprendre l’incidence que cela peut avoir sur le climat.
Les données sont exploitées par la France et l’inde. Megha signifie ‘’nuage’’ en sanskrit.

Plusieurs instruments sont installés sur le satellite (source CNES) :

- Un radiomètre-imageur Madras qui recueille les données sur les pluies, la vapeur d’eau et les nuages.   Il a été développé conjointement entre l’ISRO et le CNES.
- Un radiomètre-sondeur Saphir, qui mesure la verticalité de l’humidité dans l’atmosphère, et    développé par le CNES.
- Un radiomètre bande large ScaRab qui mesure le bilan radiatif de la Terre, et développé par le CNES.


Le satellite SARAL-AltiKa

Lancé le 25 février 2013 sur une orbite polaire par un lanceur indien PLSV, ce satellite remplace Jason-1. Il a pour mission de mesurer le niveau des mers afin d’étudier la circulation océanique grâce à l’altimétrie satellitaire. Pour ce faire, il utilise AltiKa qui est un Altimètre-radiomètre qui fonctionne en bande Ka.
SARAL-Altika est un ‘’petit’’ satellite. Il mesure 0,98 m x 0,98 m x 2,6 m pour un poids de 380 kg. Il a deux panneaux solaires de 1,2 m x 1,4 m fournissant 720 Watts.

Outre AltiKa, SARAL possède :

- Une antenne DORIS qui permet de mesurer avec précision l’orbite du satellite pour une exploitation optimale des données d’AltiKa.
- Un réflecteur laser qui a le même rôle que DORIS.
- Un système Argos-3 qui collectent les données qui sont émises par les quelques 20 000 plateformes Argos dans le monde (sur des bouées fixes, bouées dérivantes, bateaux, animaux). Cela permet le calcul de la position par effet Doppler et il renvoie les informations à la cinquantaine de stations terrestres dédiées au recueil de ces données.

La durée de vie annoncée de SARAL est de 3 à 5 ans.


Une exposition consacrée à ces cinquante années de coopération spatiale et aux rôles de ces satellites se tient actuellement au siège du CNES à Paris jusqu’au 15 avril (photos à suivre).


Pour cette émission commune, il y a donc deux timbres de différentes valeurs :

- 1,20 euro Satellite Megha-Tropiques / 25 roupies
  Ce tarif correspond à l’envoi d’une lettre prioritaire jusqu’à 20 g pour l’étranger
- 0,76 euro Satellite Saral-AltiKa / 5 roupies
  Ce tarif correspond à l’envoi d’une lettre prioritaire jusqu’à 20 g en France.

Deux artistes ont créé ces timbres qui ont été imprimés en héliogravure :

1,20 Magha-Tropiques par l’artiste français David Ducros. Il est l’illustrateur principal du CNES depuis de nombreuses années.
0,76 SARAL par l’artiste indien Sankha Samantha qui a déjà créé plusieurs timbres pour la poste indienne.

Les timbres sont dentelés et possèdent chacun deux barres phosphorescentes (afin d’aider au tri).

Les cachets illustrés 1er Jour ont été créés aussi par David Ducros.

Les deux timbres sont donc émis simultanément en France et en Inde.
Le tirage annoncé est de 1 200 000 séries imprimées en 30 timbres par feuille.

La Poste française vend dans ses bureaux les deux timbres français, mais aussi, comme pour toutes les émissions communes, une pochette commémorative spéciale où l’on retrouve les timbres neufs des deux pays.
La pochette a été conçue par l’artiste française Stéphanie Ghinea.
Vendue sous blister, elle se présente sous la forme d’un triptyque comprenant les quatre timbres neufs et un texte explicatif en trois langues : français, anglais et sanskrit.

Il y a également, bien sûr le 1er Jour, avec le cachet illustré. Ce premier jour existe aussi pour l’Inde.

Un très joli document philatélique a été aussi émis, avec lui, les deux séries de timbres et les oblitérations 1er Jour des deux pays (vendu 6 euros).
Les illustrations couleurs de ce document (1ère et dernière page) sont de Michel Rey (Megha-Tropiques) et Olivier Satler (SARAL). Il y a aussi le même texte explicatif trilingue que fans la pochette commémorative spéciale.

Deux enveloppes PaP (Prêt à Poster), vendus sous blister sont aussi proposées à la vente (4,90 euros).
C’est Stéphanie Ghinea qui a conçu les illustrations.
A l’intérieur du blister se trouvent également deux très jolies vues numériques des satellites.

Et pour terminer, du moins du côté français et de ce qui sera proposé au grand public dans les bureaux de poste, une gravure souvenir des deux timbres (vendue 2 euros).
(Plaquette de présentation de vente des deux timbres indiens)
Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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dimanche 12 avril 2015

12 avril 1985 / Lancement de STS-51D / 30ème anniversaire


Il y a exactement 30 ans, ce 12 avril 1985, la navette spatiale Discovery s'envole pour sa quatrième mission (et 16ème mission du programme navette). C'est la mission STS-51D.
A bord, se trouve un équipage de 7 personnes :

- Karol Bobko, Commandant (2ème vol)
- Don Williams, Pilote (1er vol)
- Rhea Seddon, Mission Specialist (1er vol)
- David Griggs, Mission Specialist (1er vol)
- Jeffrey Hoffman, Mission Specialist (1er vol)
- Charles Walker, Payload Specialist (2ème vol)
- Jake Garn, Payload Specialist (1er vol) / Sénateur de l'Utah 
  (1er membre du Congrès américain à voler dans l'espace - Congressional Observer)
A l'origine la mission s'appelait STS-51E et Charles Walker ainsi que Jake Garn n'en faisaient pas partie. Patrick Baudry, assigné dans un premier temps à la mission STS-51D qui devait être commandée par Dan Brandenstein, changea d'équipage quelques semaines après son affectation en 1984. Et la charge utile initiale était le satellite TDRS. Et c'était Challenger qui devait transporter l'équipage de cette mission.
(Photo originelle de l'équipage avec Patrick Baudry)
En novembre 1984, le sénateur Jake Garn est assigné à la mission STS-51E.
Prévue initialement en février 1985, les reports s'accumulent et le 27 février, la NASA annonce un problème technique sur le satellite TDRS. Il est donc procédé à un échange de navette et c'est Discovery qui remplacera Challenger (le satellite étant dans la soute). Et c'était la mission STS-51D.
L'équipage de STS-51E est transféré sur Discovery et prendra l'indicatif de STS-51D.
Mais comme Patrick Baudry était Payload Specialist pour le TDRS, et que celui-ci ne pouvait être placé en soute de Discovery à cause des expériences déjà installées par McDonnell Douglas pour le Payolad Specialist Charlie Walker, et bien, celui-ci remplaça Baudry, qui se retrouva affecté à la mission originelle STS-51D, qui pris le nom de STS-51G ... et on annula la dénomination STS-51E... ouf ...

Patrick Baudry s'envolera en juin 1985, avec Discovery, pour la mission STS-51G - mais cela fera l'objet d'un article spécial.

Ce changement de dernière minute fait la joie des collectionneurs d'objets spatiaux car ils existent de très rares objets des équipages initiaux et les collectionneurs se les arrachent, notamment au niveau des patchs de la mission.
(Patch originel de la mission STS-51E avec Baudry et Challenger)
(Equipage originel de la mission avant affectation de Garn / Photo ''Gag'' de l'équipage signée par Bobko et Baudry)
(Couverture et article d'Aviation Magazine d'octobre 1984)
L'objectif principal de la mission est de mettre en orbite deux satellites : 
Telesat-1 (Anik C-1) et Syncom IV-3.

Le lancement depuis la navette d'Anik C-1 se fit normalement et le satellite ira retrouver son orbite géosynchrone de travail à 36 000 km.

Par contre, la mise en service de Syncom IV-3 fut un échec. Troisième exemplaire d'une flotte de quatre (les deux premiers ayant été mis avec succès en orbite par STS-41D et STS-51A), le moteur de montée de ce satellite ne se mît pas en route. Jeffrey Hoffman et David Griggs effectuèrent une EVA non planifiée avec pour objectif de ramener le satellite sur son système de lancement de la navette et de réparer l'interrupteur de mise en route, mais cela ne fonctionna toujours pas et le satellite fut déclaré comme ''perdu''.
(Anik C-1)
(Syncom IV-3)
(Griggs et Hoffman lors de l'EVA / signée par le Commandant de la mission)
Charlie Walker continua ses expériences avec le CFES (Continuous Flow Electrophoresis System) sur les protéines qu'il avait commencées lors de son précédent vol - STS-41D en 1984.

Jake Garn avait un programme ''médical'' chargé avec des expériences en tant qu'expérimentateur mais aussi en tant que ''cobaye''.

Plusieurs autres expériences ont été faites à bord de Discovery lors de cette mission, dont des observations à l'aide d'un électrocariographe et la manipulation de jouets (Expérience Toys In Space) comme un yoyo.

Dans la soute de la navette Discovery se trouvent également 2 répliques de la Statue de la Liberté de 38 cm et composée uniquement de morceaux du revêtement en cuivre de la statue qui avaient été prélevés lors de sa rénovation entre 1984-86.
Au retour de mission, une des statues a été fondue et des cartes spéciales ont été confectionnées avec donc du métal ayant volé dans l'espace à bord de Discovery.
L'autre statue est exposée dans le musée de Liberty Island où se trouve la vraie statue.
Ces cartes ont été mises en vente en 1986 pour le centenaire de la Statue de la Liberté lors de l'émission de deux timbres (Statue et Bartholdi). Elles sont très recherchées des collectionneurs aujourd'hui.
L'équipage revient sur Terre le 19 avril 1985 en atterrissant au Kennedy Space Center. Lors de l'atterrissage, un pneu du train avant explose et les freins ont été endommagés, cela causé par l'état de la piste. La rénovation de celle-ci fît que tous les retours suivants se firent sur la Base d'Edwards (jusqu'en 1990).

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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